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Attributs de Départ
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Force: |
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40 (max 95) |
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Patron: |
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Variable |
| Dextérité: |
50 (max 120) |
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| Constitution: |
40 (max 95) |
Taille: |
1.85m - 2.15m (hommes) |
| Intelligence: |
45 (max 105) |
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1.75m - 2.05m (femmes) |
| Esprit: |
35 (max 95) |
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Spécialisation de Classes disponibles:
- Assassin
- Barbare
- Barde
- Canaliseur
- Chasseresse (femmes uniquement)
- Croisé
- Druide
- Eclaireur
- Guerrier
- Furie (femmes uniquement)
- Mentaliste
- Prélat
- Prêtre
- Rôdeur
- Sorcier
- Voleur
Les enfants issus de l'union entre les Humains et
des Elfes, connus sous le nom d'Aelfborn (il existe
d'autres noms pour les désigner, mais bien
moins sympathiques), montrent des traits exprimant
un certain équilibre entre ceux de leurs deux
parents. D'abord, quelque soit l'apparence de leur
parent Humain, les Aelfborn sont toujours pâles,
et leur peau dotée d'un éclat légèrement
doré, bien que leurs cheveux puissent par contre
être de toutes les teintes possibles. Leurs
traits tendent eux-aussi à ressembler à
ceux d'un Elfe, bien qu'ils n'aient pas d'aussi grands
yeux, et que leur visage soit moins anguleux. Leurs
grandes oreilles sont clairement pointues. Les Aelfborn
héritent donc de la vue et de l'ouïe perçantes
des Elfes. Mais si leur visage se rapproche de celui
des Elfes, le reste de leur corps par contre est bien
plus proche de celui des Humains. Les Aelfborn, bien
que plus grands que les Hommes, sont plus petits que
les Elfes, et sont dotés d'une musculature
bien plus marquée que ces derniers.
Les Aelfborn sont plus agiles et plus vifs que
les Hommes, bien qu'ils n'aient pas la vitesse,
la grâce et la raison des Elfes. Ils héritent
aussi de la force de leur parent Humain, et sont
plus endurants que la plupart des Elfes. Alors que
les traits d'un Aelfborn semblent être le
compromis idéal l'Elfe et l'Humain, leur
plus grande faiblesse est du point de vue de l'Esprit:
les vertus contradictoires des sangs Humains et
Elfes dotent les Aelfborn d'une faculté d'Esprit
bien inférieure à celle de leurs parents.
Leur sang mêlé leur vaut d'ailleurs
bien d'autres désavantages. Les Aelfborn
héritent ainsi de la mortalité de
leur parent Humain, mais vivent en fait moins longtemps
que ce dernier du fait de l'instabilité qui
réside en leur sang (bien que cela ne soit
plus vraiment le cas depuis le Tournant). De plus,
les Aelfborn sont incapables d'engendrer ou de porter
des enfants: comme la mule qui naît de l'union
du cheval et de l'âne, ces hybrides sont stériles.
Nés de races ennemies, le Destin a refusé
aux Aelfborn l'immortalité propre à
chacun de leur parent, jusqu'au jour du Tournant,
quand cessa la mort véritable.
Les Aelfborn ne constituent pas en eux-mêmes
une race à part entière, et n'ont donc
que peu développé les traits qui caractériseraient
une véritable culture, du moins pour ce qu'en
sait le reste du Monde. Leur stérilité
a en effet rendu impossible l'existence de nations
ou de royaumes Aelfborn, et l'animosité qui
existe entre le peuple des Elfes et celui des Fils
des Hommes a maintenu leur population à un
niveau très bas. Rares à l'extrême,
les Aelfborn tendent à mener une vie solitaire,
errant d'un lieu à l'autre, ne trouvant que
rarement de lieux où définitivement
s'établir. Un Sang-Mêlé doit cependant
choisir entre les voies de ses deux parents: ainsi,
certains vivent, s'habillent et parlent comme des
Elfes, alors que d'autres embrassent la culture Humaine.
Il semble ainsi qu'il y ait autant d'Aelfborn à
choisir une voie ou l'autre, et chacun d'entre eux
aura ses propres raisons derrière ce choix.
Quelque soit le parent dont ils empruntent la voie,
les Aelfborn sont unanimement rejetés par
les Hommes comme par les Elfes. La plupart des Aelfborn
sont automatiquement considérés comme
enfants illégitimes, et forcés à
vivre aux franges de la société. Les
Humains d'abord craignent le contact du sang des
fey qui coule dans les veines de l'Aelfborn, alors
que les Elfes quant à eux considèrent
ces hybrides comme des êtres corrompus par
le sang "inférieur" des Humains.
Peu alors leur accordent leur confiance, et encore
moins leur amitié, et les Aelfborn vivent
donc comme des parias, et en viennent souvent à
haïr l'une des deux parts de leur héritage
pour leur avoir donné naissance. Mais il
y a certains endroits en ce Monde, cependant, où
la vie des Aelfborn est plus facile. L'Eglise du
Père de Toute Chose s'est toujours montrée
tolérante envers tous les Aelfborn, et spécialement
ceux qui adoptent la robe. Les Aelfborn sont aussi
séduits par les voies des forêts, où
les Druides et les Rôdeurs les accueillent
dans leurs rangs. Les Amazones sont enfin certainement
les plus tolérantes parmi les différents
peuples du Monde quand il s'agit des Aelfborn, et
plus d'une Chasseresse Aelfborn a ainsi pu régner
comme Reine de toutes les Amazones.
Par ailleurs, la réputation des Aelfborn
empire encore du fait de la Malédiction,
ce mal qui frappe nombre de Sang-Mêlé
au moment d'entrer dans l'âge adulte. En effet,
en grandissant, un Aelfborn est sujet à une
étrange et effrayante démence qui
frappe chaque Sang-Mêlé de façon
différente. Certains entendent des voix,
alors que d'autres doivent affronter d'affreux cauchemars,
ou font des rêves éveillés.
Beaucoup passent de violentes crises de rage à
d'autres de désespoir. Personne ne peut dire
avec certitude pourquoi les enfants des Elfes et
des Hommes subissent tout cela, mais la plupart
des Aelfborn passent leur vie à lutter contre
la Malédiction. Partout à travers
le Monde, les parents d'enfants Aelfborn appliquent
des tatouages dotés d'une magie intrinsèque
sur le crâne et en de nombreux autres endroits
du corps de leur enfant pour conjurer la Malédiction,
à la naissance du nouveau-né. Leur
efficacité reste certes incertaine, mais
leur aspect est très frappant, et de nombreux
Aelfborn se rasent donc la tête pour les rendre
bien visibles. Beaucoup d'entre eux tentent par
ailleurs d'apaiser leur âme tourmentée,
et d'atteindre un certain équilibre, en choisissant
des professions nécessitant volonté
et concentration un grand nombre de Sang-Mêlé
est donc parvenu à calmer ses démons
intérieurs en menant la vie contemplative
d'un Druide, en contrôlant sa volonté
en tant que Mentaliste, ou en se dévouant
tout entier à la voie des Maîtres Lame.
Les jours qui ont suivi le Tournant ont été
à la fois porteurs d'épreuves nouvelles,
mais aussi de changement pour les Aelfborn de ce
Monde. Nombreux en effet sont ceux qui croient que
le Traître à l'origine de la Frappe
Fatale qui tua Cambruin, ne serait autre qu'un Aelfborn,
un Sang-Mêlé qui trahit le peuple de
son père en devenant l'un des Champions du
Haut-Roi, mais qui n'eut pas le cur finalement
de détruire à jamais l'Empire Elfique.
Les sombres actions du Traître ont dès
lors déchaîné contre les Aelfborn
la violente colère de tous les Hommes des
Petits Royaumes, et la Grande Inquisition contre
les Mal-Nés, poursuivie fanatiquement par
les fidèles de la Flamme Purificatrice, célébrera
bientôt son centième anniversaire.
Les Elfes, pour leur part, n'ont pas montré
plus d'affection envers leurs imprévisibles
enfants, et ont rejeté tous les Aelfborn
depuis le jour du Tournant. Dans la plupart des
terres donc, les Aelfborn tentent de cacher leur
vraie nature, car les refuges ne sont pour eux guère
nombreux. Ce n'est donc pas une si grande surprise
que de voir des groupes de parias Aelfborn commencer
à se rassembler loin à l'écart,
dans les étendues sauvages, pour bâtir
leurs propres nations. Ce qu'il adviendra d'eux
cependant, seul l'avenir le dira.
"Réveille-toi! Ouais, toi! Debout!
Arrête de baver, cest dégoûtant!"
"Je crois quil nous entend. Pas besoin
de crier comme ça. Te voilà. A présent
ouvre les yeux, et regarde-toi. Non? Très
bien. Contente-toi découter, alors.
Tu ne te souviens de rien, pas vrai? Sais-tu seulement
qui tu es? Ne tagite pas. La Malédiction
ta finalement frappé. La mémoire
te reviendra, avec le temps. Ce nest pas à
moi de te dire qui tu es, mais je peux te dire ce
que tu es."
"Tes un SANG-MÊLÉ! Un stupide
et damné bâtard! Cest ça
que tu es!"
"La ferme! Nécoute pas mon grossier
de frère. Tu es un Alfborn, comme nous. Si
lui est un damné bâtard, très
cher frère, alors il ne lest pas plus
que toi!"
"Cest possible. Nous sommes tous maudits,
tous les trois. Où sont ses os? Où
sont les ossements de mon père, espèce
de traînée!"
"Je ne jouerai pas à ce petit jeu avec
toi, imbécile. Essaie de bien te tenir. Le
Sang Inférieur est apathique, dit le Sang
Noble,"
"Alors que le Noble Sang apporte la folie,
répond lInférieur." Je
connais toutes tes énigmes, espèce
de paon fanfaron. Me fais pas perdre mon temps avec.
Je sais tout de Rydall Dompte-Rimes, le Barde métis
qui fut condamné à ne jamais oublier
le moindre des mots quil entendait, ou la
moindre des choses quil ait vues. Le savoir
a empli son cerveau jusquà le faire
exploser tous ses souvenirs, rimes et chansons
étaient piégés à lintérieur
de son crâne. Ca la rendu fou, et ils
lont brûlé pour ça. Mais
de toute façon, nous sombrerons tous dans
la folie, nous autres Aelfborn, pas vrai?"
"Je crains quil ne dise la vérité.
Nous sommes tous les trois des Aelfborn, des hybrides
des pâles Elfes et des Humains bornés,
condamnés à être des parias
où que nous allions. Notre race nen
est pas une, car jamais un Aelfborn nengendrera
ou ne portera denfant. Nos parents, quils
soient Fey ou Hommes, se souviennent de leurs longues
histoires avec fierté, écrivant de
longues chroniques et narrant des légendes
de jours meilleurs et de hauts faits. Mais nous
non. Nous navons pas dhistoire. Lhéritage
de nos deux parents nous est refusé.
Il y a bien eu quelques chanceux, cest vrai,
qui ont réussi à marquer le flot de
lhistoire alors que nos parents la retenaient,
mais ils sont lexception, pas la règle.
Tels des restes sur les tables de leurs grands festins,
les Hommes ou les Elfes autorisent parfois leurs
petits bâtards à avoir une petite note
de bas de page dans leurs grandes histoires. Plus
souvent que jamais, on ne se souvient du nom dun
Aelfborn que pour mieux le mépriser. Comme
Sesherin, le Champion de Cambruin qui sombra dans
la trahison. Personne ne saura jamais si cest
bien sa main qui a planté Shadowbane dans
le dos de Cambruin, car les hauts Confesseurs qui
le retiennent dans leurs chaînes lui coupent
la langue chaque jour à laube. Je me
demande, combien de fois Sesherin sera-t-il flagellé
vivant avant quils ne décident que
justice a été faite?
Nous navons pas de passé, rien de
plus que les histoires lugubres ou sordides de nos
conceptions et de nos naissances. Peux-tu te souvenir
de la tienne? Ta mère était-elle quelque
Princesse Humaine, séduite par un lumineux
fey au milieu dune clairière? Ou était-elle
une enfant Elfe de Haut-Sang, prise par lépée
et violée par un soldat éclaboussé
de sang? Es-tu né dun amour tragique
ou des horreurs de la guerre? Tu ne sais même
pas, pas vrai? Comme cest typique. La plupart
des Aelfborn mènent des vies dorphelins,
abandonnés par leurs deux parents, traités
comme des animaux par quiconque assez compatissant
pour ne pas nous tuer tout de suite."
"Tu ferais mieux dcesser de lui poser
ces questions-là. Cest clair comme
de leau, la Malédiction a eu sa langue.
Quest-ce que? Oh, mais tu parles! Cest
un miracle, loués soient les Archons! Quest-ce
que la Malédiction, tu dis? Quoi, cest
la raison pour laquelle tu peux pas te souvenir
de ton propre nom, et cest pour ça
aussi que tas peur douvrir les yeux.
La Malédiction est ce qui nous rend tous
fous, nous les bâtards. Elle touche certains
plus tôt que dautres, et ne frappe jamais
deux fois vraiment de la même manière."
"Pourquoi sommes-nous maudits à ce
point? Cest une vieille histoire, et tragique.
Les Mages et les Erudits les plus sages désignent
la Malédiction de son vrai nom, la Malédiction
de la Mère, car ce fut lElfe-Reine
Silesteree Allvolanar, la fille de Gilliandor lui-même,
qui prononça notre Damnation dans lAge
du Crépuscule. Après que le Dragon
fut vaincu, le Père de Toute Chose sattarda
longtemps parmi les ruines brisées de la
plus grande cité du Royaume du Crépuscule.
Là, Il récupéra de ses profondes
blessures, et Silesteree elle-même prit soin
de Lui. En retour pour toute son attention, le Père
de Toute Chose reprit simplement ses errances, non
sans avoir dabord séduit la reine,
la laissant avec un enfant. Quand Silesteree apprit
ensuite que cétait la main du Père
de Toute Chose qui avait dabord réveillé
le Dragon, elle sombra dans la colère, et
maudit de la démence et de la ruine tout
être né des Elfes sans être de
pur Sang Elfique, même son propre fils. Saedron
la Tisseuse du Destin entendit le cri de la reine,
et tissa ses mots dans la tapisserie de la destinée.
Draethen, son fils, est révéré
par beaucoup de notre race comme étant le
premier des Aelfborn. Et alors que le Vrai Fils
fut troublé par la Malédiction toute
sa vie durant, il apprit à la maîtriser
au travers dune discipline dacier. Est-ce
donc une coïncidence de voir beaucoup dAelfborn
suivre la voie disciplinée du jenetai?
Peut-être quun jour, la stricte concentration
naissant de la maîtrise de la lame calmera
les fièvres de nos âmes."
"Peuh! Jai entendu cette histoire moi-aussi,
et je ny ai pas cru. Et toi non plus tu devrais
pas. Quiconque avec une once de bon sens sait que
Draethen nétait en aucune manière
un Aelfborn: parce que tous les Aelfborn naissent
du sang Humain! Aucun autre mélange ne prendra.
Le Père de Toute Chose (béni et loué
soit Son nom) peut bien être le créateur
des Hommes, mais cela ne fait pas de Lui un Homme.
Cest un Dieu. Et avant de me ressortir lexacte
formulation des mots prononcés par cette
sorcière Elfe, explique-moi alors pourquoi
les bébés nés avec le sang
Elfe de mères Humaines sombrent eux aussi
à la Malédiction! Pas de réponse,
hein? Ton éloquence te fait défaut?
Garde pour toi tes jolis contes de fée, parce
que moi je connais la véritable cause de
la Malédiction. Elle vient du sang lui-même,
le sang mélangé qui fait de nous tous
des frères et des surs. Haldogrim de
Nordanwick, le meilleur Alchimiste ayant jamais
vécu (qui, laisse-moi vite lajouter,
était lui-même un sang-mêlé)
distilla le sang des Aelfborn jusquà
sa plus pure essence, et y trouva la cause de notre
folie. Le sang Elfe, dit-il, contient trop de Bile
(doù le caractère maussade et
mélancolique du tempérament Elfique),
et il ny a rien dans le sang Humain pouvant
compenser ça. Le sang Elfe empoisonne donc
la chair de semi-Humain, et brise son esprit. Ce
nest pas une légende qui nous a rendu
fous, cest notre propre nature."
"LAlchimie est une imposture, un refuge
pour les charlatans et les escrocs qui se font passer
pour de vrais Mages. Non pas que je croie un seul
instant à lexplication ridicule dHaldogrim,
mais même si je le croyais, il est évident
que sil y a quelquun qui a de la bile
dans ses veines, ce sont bien les Humains, et non
les Elfes. Tiens, il y a même une preuve qui
peut être trouvée dans lhistoire
ancienne. Comme il est chanté parmi les "
"Pas encore un conte de fée!"
"Tais-toi! Appelle ça un conte de fée
devant les Skalds Invorri qui le chantent, si tu
loses. Parmi les Nordiques, on raconte toujours
comment le Père de Toute Chose fut mordu
par le grand Serpent, payant par lagonie et
la démence le prix de la sagesse. Le venin
du Serpent est resté dans le sang du Père
de Toute Chose, et est-ce là une pure coïncidence
si le Père de Toute Chose a animé
les Titans avec du sang tiré de sa main gauche,
cette même main qui fut mordue par le Serpent?
Cest là ta bile, frère Alchimiste."
"Oh, alors maintenant cest le Père
de Toute Chose qui nous a maudits? Cet air na
rien de nouveau à mes oreilles, lui non plus.
Malorn et ses porte-torches le crient sur les toits
depuis la fondation même du Temple. Pour eux,
la Malédiction est un châtiment divin,
le prix douloureux du métissage. Des enveloppes
vides, cest ce que nous sommes, quils
disent, emplies dEsprit, mais vulnérables
au Chaos et à la possession par des démons
sans corps. Stupidités! Zont vite oublié
quy avait déjà des Aelfborn
depuis bien avant les Confesseurs et les Templiers,
et quy avait déjà des érudits
pour entendre la voix du Père de Toute Chose
il y a cinq mille ans. Si nous les Aelfborn sommes
tous des abominations aux yeux du Père de
Toute Chose, alors pourquoi lEglise a toujours
été aussi gentille avec nous? Les
prières et la foi peuvent aussi calmer une
âme tourmentée, et la routine de la
vie monastique peut aider à refroidir le
sang enfiévré. En effet, est-ce que
Kellast nétait pas un Aelfborn, Saint
Kellast le Conciliateur, celui qui a convaincu les
évêques de lEglise Elfique et
les cardinaux de lEglise Humaine de se rassembler
pour donner naissance à la Sainte Eglise
telle que nous la connaissons? Dans le Testament
de St. Kellast, il présente une longue parabole
qui lie les conflits entre Hommes et Elfes à
la Malédiction qui tourmente chaque Aelfborn.
De même que la prière avait pu le sauver,
de même la dévotion envers le Père
de Toute Chose devait promouvoir la paix. Un autre
conte de fée, sans doute, mais celui-là
jaime bien mieux."
"Alors que nombre dentre nous ont trouvé
la paix en vivant comme des Druides, la Malédiction
de la Mère a été tempérée
par la main de la Verte Mère, la Mère
de Toute Chose. Certains disent même que les
marques fonctionnent. Quelles marques? Là,
ouvre les yeux. Tu vois ton visage dans la glace?
Ces marques. Non, pas le sang ce quil
y a en dessous. Les tatouages. Almeus le Jeune fut
chargé autrefois par Paolus, le premier roi
de Brethilde, de soigner son fils, un Aelfborn né
de sa relation avec sa concubine Elfique. Le sorcier
tatoua le garçon de la tête aux pieds
de signes écarlates, imprégnés
de sortilèges pour calmer lesprit de
lenfant. Selon la légende, le sortilège
fonctionna. Et voilà pourquoi les parents
Elfes et Humains tatouent leurs enfants hurlants,
les protégeant de la possession par des démons
ou la Malédiction dune ancêtre
en colère. Beaucoup dAelfborn succombent
quand même malgré les tatouages, mais
nos parents continuent quand même de nous
tatouer."
"Ouais, le truc cest la souffrance,
jte le garantis. Là, regarde mes bras
tu vois ces cicatrices? Quand les voix se
font trop bruyantes et trop nombreuses, je me transperce
la peau dune lame. La souffrance et le sang
nous recentrent sur le Monde. Pour certains bâtards,
le frisson de la bataille est le seul calme quil
leur reste, le seul moment où ils peuvent
vraiment être eux-mêmes. Mais avec tous
ces discours de soin et de guérison, ma chère
sur, il y a une question que tu as oubliée
de te poser. Qui a dit que la Malédiction
en est bien une? Nos estimés parents, ceux-là
même qui ont honte de nous regarder? Ils naiment
pas la façon dont nous nous plaignons et
bredouillons, alors ils nous disent maudits. Comme
ça leur ressemble de dire ça. Dans
les jours qui ont suivi la Guerre des Larmes, il
y en a eu parmi les Aelfborn qui ont tourné
le dos aux Elfes comme aux Hommes, et sont partis
dans les terres sauvages pour y vivre. Ils ont alors
laissé la folie semparer complètement
deux, vivant comme des bêtes sauvages,
peints de la tête aux pieds et armés
darcs mortels. Les Sauvageons, cest
comme ça que la plupart des gens les appellent,
et quiconque traverse leurs forêts se retrouvera
pendu à un arbre, scalpé et hérissé
de flèches. Bon débarras, moi je dis."
"Sauvage! Ne lécoute pas, mon
enfant tu es un Enfant dAerynth, pas
un animal. Le traitement brutal que nous ont infligé
nos parents ne doit pas susciter la même brutalité
chez nous. De tous les peuples prisonniers sur les
fragments du Monde, nous seuls, les Aelfborn, avons
trouvé un espoir dans le Tournant. Autrefois,
nous qui avions le sang mêlé mourions
jeune rares en effet étaient les Aelfborn
à atteindre quarante ans, la plupart mourant
avant la moitié de cet âge. Certains
disent que la Malédiction nous tue avec lâge,
mais plus encore blâment la cruauté
et les conflits du Monde. Mais, depuis le Tournant,
aucun Aelfborn na trouvé la mort."
"Pas même le pauvre Sesherin, aussi
fort ont-ils essayé!"
"Oui, mon frère, pas même lui.
Pour la première fois, les Aelfborn peuvent
atteindre un âge vénérable,
et certains ont trouvé la sagesse qui les
attendait. Il y a à présent des Aelfborn
qui arpentent les fragments et qui ont vécu
plus dun siècle à présent,
et certains parmi eux disent que la Malédiction
est une tempête à endurer, mais qui
finit par passer avec le temps. Nous navions
pas les moyens dy survivre avant, mais maintenant
nous navons pas dalternative. Avec la
disparition de notre folie, disent nos anciens,
vient une nouvelle perception du Monde, et une nouvelle
appréciation du Présent. Certains
dentre eux ont lancé un appel à
notre race éparpillée, et, pour la
première fois de lhistoire, des milliers
dAelfborn se sont rassemblés pour fonder
de nouveaux royaumes, nos propres royaumes. Le plus
grand dentre eux est dirigé par un
Rôdeur dont le nom est soigneusement caché.
Les gens lappellent le Roi Bruyère,
et certains disent que même les Sauvageons
répondent à sa volonté. Les
histoires disent que tous ceux qui viennent dans
les terres du Roi Bruyère participent à
un tirage au sort, et que les jetons tirés
leur accordent le statut de membre au sein dune
famille, un groupe dAelfborn ayant tiré
un jeton de la même couleur. Les anciens servent
alors de mentors aux jeunes, et les plus sages aident
chacun à supporter la Malédiction.
Pour la première fois dans lhistoire,
les Aelfborn se bâtissent un foyer, et forgent
des liens familiaux. Avec le temps, nous, les orphelins
nés de la guerre, ferons trembler nos parents,
et nous leur ferons regretter tout le mal que lElfe
et lHomme nous ont fait. Ils nous ont renié
dans le passé, mais nous, nous aurons notre
futur!"
"Arrête avec tes contes de fée!
Nous sommes des sang-mêlés ni
plus, ni moins, et nous le serons toujours. Comme
si jallais faire confiance à un autre
Aelfborn. Même le Roi Bruyère et ses
chers sujets ne pourront échapper à
la malédiction. Tout ce que le Tournant a
fait fut de rendre notre tourment éternel."
"Cest ce que nous verrons, cher frère.
Cest ce que nous verrons."
"Où sont les os, les ossements de mon
père?"
"Tu devrais le savoir, sot! Ce sont tes mains
qui les ont enterrés!"
"Cest faux!"
"Oui, fouille dans ta faible mémoire.
Et ton poing, enfoncé dans son crâne
épais!"
"Je nai jamais fait ça! Cétait
toi, tout le temps! Cest toi la meurtrière!"
"As-tu oublié, mon cher frère?
Nous ne faisons quun, toi, moi et ce
bon à rien là! Tu ne te souviens pas?"
"Non! Jamais! Je te tuerai! Je le jure!"
"Pour ça tu aurais besoin de mains,
mon garçon. Je me souviens de lodeur
de la chair se détachant des os de père
alors que nous le brûlions. Comme il grésillait!
La chair, en train de se flétrir et mourir,
révélant les os noircis en dessous
"
"Non! Démone, sorcière, sors
de ma tête!"
"Cest ma tête aussi, cher frère.
Tu ne te souviens pas?"
A partir de là le prisonnier Aelfborn cessa
de parler avec lune des deux voix, et ne fit
plus que gémir et pleurer. Après un
certain temps, le prisonnier se releva, et tenta
détrangler lInquisiteur Heveron
au travers des barreaux de sa cellule. Heureusement,
le Templier intendant intervint rapidement, et le
prisonnier fut tué.
Je vous ai envoyé cette transcription parce
que les révélations qui y sont faites
concernant les dénommés Sauvageons
et le mystérieux Roi Bruyère corroborent
les rumeurs qui ont envahi mon diocèse lété
passé. Je vous demande respectueusement,
honoré Licteur, de communiquer ces informations
au commandement du Temple dans son entier, car il
est certain que lidée dune nation
organisée dAelfborn pourra constituer
une grande menace pour nos justes ouailles, comme
pour la rédemption de tout Aerynth des Ombres
non-nées. Le conseil des Justicars doit prendre
connaissance de cette menace en suspens. Je ne vois
aucun autre recours sinon de lancer une croisade
contre les Forêts Vénérables,
dès quun nombre suffisant de Templiers
aura été réuni.
Humblement écrit le quatre-vingt-dixièmejour
de la quatre-vingt-dix-septième année
de lAscension de Malorn le Juste, le Saint
Vivant, Embraseur et Gardien de la Flamme Purificatrice.
Korwin de Mangarth, Confesseur
Tribune de lOrdre de la Cage de Fer,
Monastère de saint Eldarn le trois fois martyr.
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