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Attributs de Départ
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Force: |
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45 (max 110) |
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Patron: |
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Thurin, le Façonneur
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| Dextérité: |
35 (max 85) |
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| Constitution: |
60 (max 140) |
Taille: |
1.20m - 1.40m |
| Intelligence: |
30 (max 75) |
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| Esprit: |
40 (max 100) |
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Spécialisation de Classes disponibles:
- Croisé
- Guerrier
- Prélat
- Prêtre
De tous les Enfants du Monde, les Nains en sont peut-être
les plus remarquables, et certainement parmi les plus
reconnaissables. Alors que toutes les autres races
sont faites de chair et de sang, les Nains ont été
façonnés de cette pierre même
qu'ils chérissent tant. Chaque Nain est fait
de roches différentes, du schiste noir au granit
gris, en passant par le marbre blanc, sculpté
d'une main experte et doté d'une forme rappelant
celle de l'Humanité. De stature trappue, les
Nains sont de toutes les races la plus petite, mais
aussi l'une des plus fortes. Le corps rablé
d'un Nain semble presque aussi large qu'il n'est grand,
couvert d'épaisses couches de muscles saillants.
Bien que moins agile que la moyenne des humains, les
Nains sont dotés d'une force et d'une résistance
largement supérieure. Car en eux est la vigueur
même de la terre : les Nains ont ainsi reçu
les bénédictions d'une constitution
incroyable, et d'une endurance presque sans limite.
Créés pour une vie souterraine, les
Nains sont dotés d'yeux faits de gemmes luisantes
leur permettant de voir dans le noir (bien que cette
vision soit relativement imprécise : pour les
travaux les plus minutieux, les nains ont toujours
besoin d'éclairer leurs salles souterraines).
Ils ne vieillissent pas : tous furent créés
en une seule fois, et aucun Nain n'est significativement
plus âgé qu'un autre. Cependant, bien
qu'ils ne connaissent pas le poids des années,
les Nains montrent toutefois des signes d'usure -
de nombreux Nains portent en effet des fissures clairement
visibles courant le long de leur corps, ou ont déjà
perdu l'un de leur membre. Bien que cela soit presque
toujours réparable, beaucoup de Nains conservent
leurs fêlures comme des marques de fierté,
comme des Guerriers chériraient leurs cicatrices.
Les Nains montrent aussi une troublante uniformité
d'apparence. Bien qu'il y ait certes des variations,
et que chaque Nain est unique d'une certaine façon,
tous les Nains sont de petits humanoïdes, dotés
d'une forte musculature, d'une barbe et d'une chevelure
épaisse.
Lors de leur première rencontre avec les
autres peuples du Monde, beaucoup de questions furent
posées à leur sujet, s'agissant notamment
de savoir si les Nains sont ou non de véritables
êtres vivants, ou s'ils ne sont qu'une espèce
de fabuleux automate magique. Les preuves et les
signes étaient contradictoires : bien que
clairement faits de pierre, les membres d'un Nain
se meuvent sans joint ni soudure. Plus encore, les
Nains ont besoin de nourriture et de boisson comme
tout autre être vivant, et ils dorment (bien
que rarement, car seul le plus grand des efforts
pourrait les fatiguer). Ils sont cependant incapables
de se reproduire, caractéristique traditionnellement
attribuée aux êtres vivants. Aucun
nouveau Nain donc n'a été mis au monde,
et les Nains qui ont été détruits
dans les Ages précédents ne pourront
jamais être remplacés. Nombre de Mages
Elfiques n'ont considéré les Nains
comme rien de plus que de complexes constructions
similaires aux Murgolems que créent les Animateurs,
et non comme réellement vivants. Aucune preuve
décisive n'a donc pu être apportée
jusqu'au jour du Tournant, quand il fut découvert
que les Nains décédés renaissaient
grâce aux Arbres de Vie, tout comme c'est
le cas pour les autres races. Les Nains eux-mêmes
continuent d'être surpris du phénomène,
mais certainement pas autant que les Mages et les
Erudits qui ont tenté de l'expliquer et d'en
tirer une quelconque conclusion sur la nature de
l'âme des créatures vivantes.
Les Nains ont toujours bénéficié
de ce sentiment d'unité qui a tant manqué
aux autres Enfants de ce Monde. Des groupes de Nains
isolés travaillent dans les profondeurs ou
sous les montagnes, chacun sous le commandement d'un
Thane, mais jamais, au cours de leur longue histoire,
deux nations Naines ne se sont déclarées
la guerre. Les forteresses Naines peuvent entretenir
certaines rivalités entre elles, comme pour
la finition d'un projet d'ingénierie ou la
production du meilleur acier, mais ces rivalités
n'ont jamais viré au conflit ouvert. Parce
que tous les Nains furent façonnés par
Thurin, chaque Nain est le frère de tous les
autres, et la famille Naine est certainement l'une
des plus harmonieuses du Monde.
Les forteresses Naines sont dirigées par
des Thanes, mais la plupart des grandes décisions
sont prises par la communauté dans son ensemble.
Chaque forteresse dispose en effet, dans ses murs,
d'une vaste salle appelée la Chambre des
Voix, suffisamment grande pour contenir toute la
population de la forteresse. Les affaires mineures
y sont réglées lors de fréquentes
réunions, où les décisions
sont prises par le biais de votes à main
levée, le Thane conservant le dernier mot.
Ces réunions se déroulent habituellement
dans la tranquillité, mais ce n'est pas toujours
le cas de sévères disputes
ont pu y éclater, alors qu'il n'y a aucun
decorum: tous les nains en effet peuvent parler,
et exprimer leur opinion aussi fort qu'ils le souhaitent.
Les Thanes sont élus par la communauté
au cours d'un vote, sur la base du mérite
et de la compétence. Le poste de Thane n'a
pas de durée fixée, et les Nains démissionneront
souvent de leur poste si la conjoncture change.
Un guerrier peut, par exemple, devenir Thane quand
la forteresse déclare la guerre à
une tribu d'Orc voisine, et rester à ce poste
jusqu'à la fin du conflit, après quoi
il démissionnera. Les Thanes sont conseillés
par un Conseil composé des meilleurs et des
plus sages Nains de la forteresse, et l'un d'entre
eux doit être un Prêtre de Thurin. Les
étrangers sont souvent étonnés
devant le sentiment d'harmonie qui imprègne
la politique Naine, et le sont encore plus des hurlements
et des cris qui surgissent tout d'un coup quand
deux partis en viennent à ne plus être
d'accord!
De toutes les races enfantées en ce Monde,
aucune ne peut égaler les Nains quand il
s'agit de créer et de construire. A eux seul
Thurin a révélé les plus grands
secrets de l'art de la forge, et l'acier Nain reste
à ce jour le meilleur acier du Monde. Seuls
leurs Maîtres de Forge peuvent fabriquer des
armes et des armures faites d'adamant, le plus dur
de tous les métaux. Maîtres de tous
les travaux du métal, les Nains sont ainsi
d'habiles orfèvres, transformant l'or, le
platine et d'autres métaux précieux
en des fils et des chaînes métalliques
aussi fins qu'un cheveu humain. Les nains sont des
mineurs et des bâtisseurs nés, avec
leurs mines et leurs tunnels qui s'étendent
sur des centaines de lieues sous les collines et
les montagnes. L'architecture Naine est remarquable
par son ampleur, et cependant remarquablement stable.
Les Nains aiment la symétrie, et les grands
espaces comme les grandes et solides colonnes ont
leur préférence. De nombreux seigneurs
vivant à la lueur du jour paieraient cher
pour obtenir l'aide d'un Nain quand il s'agit de
dessiner des plans ou de bâtir un château.
Les autres races tendent à considérer
les Nains comme des êtres stoïques et
graves, aussi froids et vides d'émotion que
la roche dont ils ont été tirés.
Cette impression peut paraître vraie au premier
regard, mais elle reste faussée quant à
la vraie nature des Nains. En effet, les Nains vivent
pour le travail, et sont dotés d'une étonnante
volonté qui peut facilement être prise
pour de l'entêtement. L'esprit Nain n'est
pas aussi subtil que celui des Hommes ou des Elfes,
et tend à suivre des schémas de raisonnement
qui déroute les Sans-Toit (terme qu'utilisent
les Nains pour désigner les peuples qui vivent
à la surface). Une fois qu'un Nain a décidé
de s'atteler à une tâche ou un objectif,
il agira alors avec la résolution la plus
absolue, jusqu'à prendre la forme d'une obsession
que peu d'êtres peuvent réellement
saisir. Il semblerait presque les Nains ont un besoin
physique d'accomplir les tâches qui leur sont
assignées, par eux-mêmes ou par une
autorité qu'ils respectent. S'il est alors
interrompu pendant son labeur, un Nain fera tout
son possible pour mettre un terme à cette
source de dérangement, et pourra aller jusqu'à
sombrer dans la rage la plus complète si
la perturbation se prolonge. Les Nains ont une longue
mémoire faite d'innombrables souvenirs, et
sont des êtres très rancuniers.
En dépit de leur stricte concentration,
les Nains sont bien plus que de froides machines.
Les Nains ressentent en effet un amour pour l'art
et la beauté qui rivalise avec celui d'aucun
Elfe, et ont un appétit insatiable pour la
musique. Les nains chantent pendant qu'ils forgent,
pendant qu'ils creusent, et pendant qu'ils combattent.
Les Nains ont passé le plus gros de leur
histoire complètement isolés, et donc
ne connaissent que peu de choses sur les façons
des habitants de la surface. Ils restent sur leur
garde quand ils traitent avec les grandes gens,
et la vue du ciel ouvert les rend nerveux. L'humour
fonctionne difficilement avec eux, et la plupart
des habitants de la surface trouvent qu'il est difficile
de communiquer avec un Nain. Les rares qui ont véritablement
acquis l'amitié d'un Nain, cependant, ou
qui ont pu s'aventurer dans leur vaste réseau
de salles, émettent un point de vue très
différent sur ce qu'est leur caractère.
Un Nain est direct en tout ce qu'il fait: loyal
jusqu'à en faire un défaut, profondément
dévoué à son travail, joyeux
quand il fait la fête, et sinistre comme la
mort au cur de la bataille.
"Cest un grand honneur que vous mavez
fait, cher hôte, alors que je restai ici et
étudiai. Je vous remercie donc, Erudit, pour
le cadeau que vous mavez fait. Lhistoire
des Soleils et des Etoiles est passée ignorée
par mon peuple, alors que nous travaillions dans
les profondeurs, et ne pûmes donc en être
les témoins. A présent, à travers
le don que vous mavez fait, les Fils de Thurin
apprendront une grande partie de ce qui leur a été
cachée. Nous en sortirons enrichis. Je vous
rendrai à mon tour la pareille, avec un trésor
aussi précieux. Moi, Gourim Marteau de Granit,
fils de Thurin, serviteur du Thane Dolmurg de la
Forteresse de Barankoll, vais vous faire le récit
de la longue histoire des Nains. Ecoutez, apprenez
notre longue histoire, et soyez-en enrichi.
Nous sommes les Enfants de Thurin le Façonneur.
Nos corps ont été créés
au cur même du Monde, avant que les
Fils des Hommes naient vu le jour, avant que
ne séclaire le Soleil, avant que naissent
les Elfes, et avant même que la Verte Mère
ne soit éveillée. Alors que le Monde
connaissait sa première floraison, nous travaillions
à la forge. Alors que le Dragon couvait dans
les ténèbres, nous travaillions à
la Forge. Alors que les Hordes du Chaos ravageaient
le Monde, nous travaillions à la Forge. Alors
que périssait lEmpire Elfique, nous
travaillions à la Forge. Ce fut seulement
lorsque le Monde fut brisé pierre par pierre,
que nous arrêtâmes notre labeur. A travers
tous les Ages de ce Monde, nous avons perfectionné
notre Art, et nous seuls navons rien oublié.
Je vais vous conter tout ce que jai vu, et
ce que mes frères mont raconté
des événements dont je ne pus être
le témoin. Ecoutez bien mes mots. Je suis
un Nain. Je ne mens pas.
Peu parmi les êtres de chair savent que les
Nains sont les plus anciens de tous les Enfants
du Monde, plus anciens même que les Elfes.
Les mains du Façonneur nous ont créé
moi et mes frères durant lAge dAvant,
alors que la surface du Monde était sombre
et déserte, et que Braialla la Mère
des Elfes était encore endormie. Thurin alla
dans les profondeurs sous les ordres de son Maître,
et là il nous façonna pour laider
dans son grand uvre. Les Nains furent créés
de la pierre, façonnés delle,
et nous nous sommes toujours sentis chez nous dans
les profondeurs, sous le Plafond dAerynth,
dans les ténèbres et le calme. Pour
nous, le ciel ouvert est une chose étrange
et terrible. Thurin nous a donné sa Force,
sa Volonté, et par-dessus tout, son amour
de lArt. De lui nous vient notre désir
de façonner le Monde de Matière en
des formes nouvelles, conférant ordre et
signification à tout ce que nous touchions.
Au début nous étions à peine
plus que des outils, ne connaissant que ce que notre
Créateur nous avait appris. Nous nexistions
alors que comme des extensions de sa volonté,
et cependant nous étions en paix avec notre
labeur. Dans les Ages qui suivirent nous avons appris,
et grandi, et changé. Nous ne sommes pas
des murgolems, des pierres qui se meuvent par Magie.
Nous ne sommes pas des Mortels, qui ont des formes
mâle et femelle, et qui doivent engendrer
des enfants pour se perpétuer et vivre à
jamais. Nous sommes les Nains, et cela a toujours
été suffisant.
Aussi longtemps que les Nains ont existé,
nous avons servi la volonté de Thurin, achevant
de grands labeurs en son nom. Les enfants du Façonneur
ne reconnaissent pas les Ages de la même façon
que les habitants du Monde de la Surface. Notre
histoire commence avec lAge du Marteau, quand
avec marteaux et ciseaux nous entreprenions la première
grande tâche que nous avait demandée
Thurin. Au cur du Monde, nous bâtîmes
les Grands Halls dHaganduur, la plus grande
de toutes les constructions, la plus puissante des
forteresses, le premier foyer de notre peuple. Haganduur
est perdue à présent, brisée
et projetée dans le Vide par le Tournant,
mais je peux bien men souvenir, car jai
participé à sa création. Alors
que nous travaillions, Thurin nous enseigna les
voies de la pierre, comment la soumettre, la graver
et la façonner, comment voir sa nature, écouter
ses murmures, et aimer sa sagesse. Alors que nous
apprenions lart de la maçonnerie, nous
en apprîmes plus sur nous-mêmes. Thurin
travaillait à nos côtés, et
nous conta bien des récits sur son Maître,
le Père de Toute Chose, qui avait enseigné
à notre père tout son Art, et lui
avait donné lamour de faire et de créer.
De même que Thurin suivait Sa volonté,
nous servions celle de Thurin.
Quand enfin cette tâche fut achevée,
Thurin envoya nombre de mes frères dans les
profondeurs. Car les soubassements dAerynth
étaient imparfaits, parcourus de fêlures,
de fractures et de rivières de glace. Thurin
ordonna aux plus grands maçons de refaçonner
et de réparer les profondeurs; étayant
les zones fragiles, élargissant les fractures
les plus étroites, et renforçant les
murs du Monde. Nos ouvrages de pierre tracèrent
leur chemin jusquau cur du Monde, ouvrant
de grandes salles et couloirs, bâtissant murs
et entretoises, et des ponts aussi, par-dessus les
abîmes insondables. Ainsi nous en vînmes
à connaître, et à aimer, léternel
corps de pierre dAerynth elle-même.
Infatigables dans notre labeur, nous chantions en
travaillant, et les profondeurs résonnaient
de la musique de nos marteaux et de nos voix.
Alors que nous travaillions, nous découvrîmes
les ossements de terribles bêtes prisonnières
de la pierre, des os faits de fer, dargent
et dadamant. Cela, nous le montrâmes
à notre créateur, et Thurin emmena
avec lui les plus sages et les plus intelligents
des Nains dans la plus grande salle dHaganduur.
Là, avec leur aide, il bâtit une puissante
forge, et les Elus travaillèrent à
ses côtés, apprenant de sa compétence.
Leurs mains fabriquèrent lenclume,
façonnèrent le fourneau et réalisèrent
les outils, tout cela sous lil attentif
du Façonneur. Quand le travail fut terminé,
Thurin alluma le feu dans le puissant fourneau,
et il fut content. Sous la conduite du Façonneur,
les sept Elus devinrent les Maîtres de Forge,
et à eux fut accordée la plus grande
part de lArt et de la Sagesse de Thurin. Enfin,
nous portâmes les ossements de métal
jusquà la forge, et Thurin nous enseigna
alors comment les briser, les broyer, et les fondre
en lingots. Nous apprîmes les voies du métal,
comment lextraire, le fondre et le façonner,
comment voir sa beauté, entendre sa sagesse,
et aimer sa puissance. Alors que nous apprenions
lart du métal, nous en apprîmes
plus sur notre destinée.
Dans le Monde au-dessus de nous, Braialla séveilla,
mais nous ne la vîmes pas, ni nentendîmes
son chant alors que florissait le Monde. Il ny
avait pas de Crépuscule dans les profondeurs,
ni de Printemps. Les Elfes et les Centaures naquirent,
et les Dieux marchèrent à la surface
dAerynth, mais nous ne les connaissions pas.
Ils navaient pas le temps pour les étouffantes
ténèbres, et donc ne virent jamais
les merveilles que nous avions créées.
Il ne nous remercièrent pas pour avoir étayé
plaines et montagnes, pour avoir étouffé
les séismes, et éteint la furie des
volcans, mais leur gratitude ne nous manqua pas.
Les Nains naccomplirent aucune de ces choses
pour obtenir remerciement ou gratitude. Dabord,
nous travaillions parce que notre père nous
lavait demandé, et parce que nous ne
connaissions rien dautre que sa volonté.
Mais alors que mon peuple maîtrisait les voies
de lArtisanat, nous découvrîmes
la Joie. Nous navions besoin ni de Lunes lumineuses,
ni de scintillantes étoiles. Tout ce dont
nous avions besoin étaient nos marteaux,
et la pierre des enclumes pour y battre ces derniers.
Alors que les Elfes du Royaume du Crépuscule
bâtissaient leurs puissants palais sous les
Lunes et les Etoiles, une équipe de mineurs
Nains parvint jusquà détranges
et sombres cavernes, et déboucha sur une
vaste chambre. Là, loin des Grandes Salles
dHaganduur, ils trouvèrent la forme
endormie et lovée du Dragon, terrible même
dans son sommeil. Les mineurs revinrent rapidement
porter ces nouvelles, et nous appelâmes le
Façonneur, qui alla et vit la chose. Thurin
appela le Père de Toute Chose, et Il sémerveilla
à la vue de la grande bête, endormie
au cur du Monde. Le Père de Toute Chose
se demanda quel savoir cette chose cachée
pouvait détenir, mais Thurin était
troublé, et ne laimait pas. Le Façonneur
ordonna alors à tous ses enfants de rentrer
dans leurs forteresses et de se préparer
au désastre à venir. Nous obéîmes
sans attendre. Alors il advint que nous attendîmes
bien cachés quand séveilla le
Dragon. Sa furie fracassa les profondeurs et détruisit
nombre de nos plus grands travaux, mais nos chambres
et nos forteresses étaient bien bâties,
fortes et sûres, et nous traversâmes
la terrible tempête sans dommage.
On ma raconté quune terrible
bataille fut menée à la surface du
Monde, un combat qui détruisit un royaume,
tua une Déesse, et enflamma un Soleil. Aucun
Nain nassista à la bataille, car nous
respectâmes lordre de notre père.
Finalement Thurin rentra dans les Grandes Salles
dHaganduur. Là, avec les Maîtres
de Forge pour laider, le Façonneur
entreprit son plus grand uvre, et toute la
race des Nains lassista dans son labeur, et
sémerveilla devant la maîtrise
du Façonneur. Ainsi il advint que Thurin
forgea lEpée de la Légende,
une lame quun Elfe nomma Shadowbane. Thurin
se blessa pour achever la lame, perdant sa main
gauche, et quand son travail fut achevé,
il brisa la grande enclume située au cur
de la forge. Ainsi il advint que le Façonneur
perdit le pouvoir dexercer son Art et ce,
pour le bien de ce Monde. Nous, ses enfants, vîmes
Thurin, et nous nous souviendrons de son sacrifice,
et ainsi, nous apprîmes la Responsabilité,
et lHonneur. Thurin jura de ne plus jamais
lever un marteau dans une forge, et ce fut à
nous alors quadvint le devoir de fabriquer
des armes de pouvoirs afin de combattre les ténèbres
et le mal. Le Façonneur nous ordonna de soigner
les blessures que le Dragon avait infligées
aux profondeurs, et dendiguer le flux du sang
maudit de la Terreur, avant quil nempoisonne
le cur dAerynth. Il ordonna aussi aux
Nains de forger de puissantes armes, et de veiller
jusquau retour du Dragon. Puis Thurin nous
quitta, errant sur des sentiers que personne ne
connaîtra jamais.
Lenfance de ma race prit alors fin, et le
Monde avait changé à jamais. Ainsi
sacheva lAge du Marteau, et ainsi débuta
lAge de la Forge. Pendant toute la durée
de lAge dénué de temps du Crépuscule,
et au travers de plus de cinq mille années
par la suite, nous avons honoré lordre
de notre père. Les lames enchantées
que vous autres peuples de la Surface chérissez
tant sont notre travail, et ce sont loin dêtre
nos meilleurs travaux. Le plus grandiose reste encore
caché.
Nous avons poursuivi notre labeur, à linsu
de tous, sans quon nous voit, ni nous entende,
ni même que lon songeât à
nous là haut, à la Surface. Ceux dentre
nous qui ne gardaient pas la forge retournèrent
dans les profondeurs, et creusèrent et bâtirent
à nouveau jusquau cur du Monde,
réparant beaucoup de ce qui avait été
brisé et détruit lors de léveil
du Dragon. Les Maîtres Maçons et les
Maîtres de Forge travaillèrent ensemble,
élaborant de puissants ouvrages qui canalisèrent
le flux du sang du Dragon et barrèrent laccès
à son antre. Nous étions seuls à
notre travail, comme nous lavions toujours
été, mais bientôt les Nains
trouvèrent compagnie dans les ténèbres.
Malog le Guerrier était venu vivre dans les
ténèbres des profondeurs, retiré
dans une caverne, se lamentant de tout ce quil
avait perdu. Mon peuple le découvrit et lhonora,
car il était le frère de notre père,
un Compagnon Divin du Père de Toute Chose
lui-même. Si nous avions su la souffrance
et lamertume qui résulteraient de cette
rencontre, nous aurions certainement laissé
le Guerrier moisir dans les ténèbres.
Malog était autrefois le plus beau de tous
les Dieux, mais quand le Soleil fut embrasé,
le Guerrier fut horriblement défiguré,
et son visage fut ravagé par le feu du Dragon.
Dans la souffrance et la peine, Malog se cacha,
mais notre père vint à lui et lui
offrit un masque orné de joyaux pour dissimuler
son terrifiant visage. Malog fut reconnaissant de
ce don, alors il rencontra les Nains de bon cur
et nous tint en grande estime. Se disant soucieux
de rendre la générosité de
Thurin, le Guerrier vint dans les Grandes Salles
dHaganduur, où il sétablit
avec nous avec grand honneur. Là il reçut
de nombreux cadeaux et prit confort dans notre hospitalité.
Là il nous enseigna les voies des Armes,
et donc les enfants de Thurin en vinrent à
connaître la discipline de lacier. Nous
apprîmes comment nous battre et comment tuer,
et les voies de la masse darme et de la hache.
Alors que nous apprenions les Arts de la Guerre,
nous les Nains découvrîmes notre Puissance.
Tout du long, Malog étudia avec attention
nos voies, apprit les secrets de nos forteresses,
et posa les fondations de futures trahisons. Si
seulement nous avions su! Combien de Nains alors
auraient pu éviter leur place dans le Chant
des Lamentations? Combien de nos forteresses seraient
encore debout?
Le Guerrier était rusé, mais même
son beau masque et ses intelligentes paroles ne
pouvaient dissimuler les ténèbres
de son âme. Alors quil nous enseignait
les voies de la Guerre, Malog nous mit en garde
contre la trahison et la fourberie des habitants
de la surface. Malog détestait les Elfes
par-dessus tout, maudissant leur arrogance et leur
vilenie. Il louait Thurin de paroles merveilleuses,
mais regrettait que le plus grand chef duvre
du Façonneur doive être souillé
en étant offert à un Elfe plutôt
quà quelquun de plus méritant.
Le Guerrier tenta de planter les graines de lenvie
et de lavarice en nos curs, mais ces
graines ne prirent pas racine. Finalement, Malog
exhorta les Thanes à marcher contre les haïssables
Elfes et de ramener Shadowbane. Pourquoi, demandèrent
les Thanes, les Nains devraient-ils faire une telle
chose? Shadowbane est un don fait aux Elfes par
Thurin lui-même. A ces mots, Malog entra dans
une rage terrible, et hurla que Thurin sétait
mépris en offrant ce puissant cadeau. La
pleine mesure du mal dans le cur de Malog
fut finalement révélée, et
la première de ses grandes tromperies contre
le peuple Nain fut contrecarrée. Les Thanes
virent au de là des illusions du Dieu Défiguré
jusquà la vérité: Malog
nous avait enseigné à devenir des
guerriers non pas pour notre bien, mais pour le
sien propre. Le Guerrier avait lintention
de faire de nous ses pions naïfs, et ainsi
obtenir Shadowbane, pour que sa main seule puisse
brandir lEpée du Destin. Malog avait
essayé de nous détourner de notre
labeur pour retourner toute la race des Nains contre
la volonté de Thurin. Il échoua. Et
ainsi les enfants de Thurin gagnèrent-ils
leur Premier Ennemi, et le Dieu Défiguré
serait toujours le plus haï de tous nos ennemis.
Les Thanes lexilèrent de nos forteresses,
car il nétait pas dans notre nature
alors de punir ou de tuer nos ennemis.
Quand Malog sen alla, nous mîmes nos
armes de côté et retournâmes
à notre labeur. Thurin finalement nous revint,
et son retour fut glorieux et plein dallégresse.
Le Façonneur dit à ses enfants la
longue histoire de tout ce qui avait vécu
à la surface, de la trahison des Elfes, de
lessor des Seigneurs des Bêtes, et dune
guerre terrible appelée le Dressage. Nous
écoutâmes, puis les Thanes exposèrent
à Thurin les intrigues que Malog avait tenté
parmi nous. Thurin fut troublé à cette
nouvelle, car certaines des paroles de Malog sétaient
révélées vraies. Thurin avait
en effet jugé les Elfes comme indignes de
lEpée du Destin. La lame avait ravi
la main gauche de Thurin, celle qui avait été
mutilée, mais Thurin ne pleura pas sa perte.
Alors les Nains reçurent librement le trésor
que Malog nous avait demandé de conquérir
à la bataille, car notre père avait
en effet récupéré Shadowbane,
et lavait ramenée avec lui à
Haganduur. Thurin nous ordonna de garder lépée
en sécurité, à tout jamais,
alors nous creusâmes une grande chambre pour
ly déposer, profonde, solide et cachée.
Les Maîtres de Forge façonnèrent
une nouvelle main pour le Façonneur, une
puissante et luisante main dargent. Nous lui
montrâmes ensuite tous nos travaux et accomplissements.
Thurin était content, mais il tint sa parole
cependant et ne retourna pas dans sa forge.
Peu après, le Père de Toute Chose
mit le Temps en mouvement. Dans les lointaines profondeurs,
nous sentîmes tout Aerynth trembler, et nous
perçûmes le puissant changement. Thurin
dit aux plus sages dentre nous la signification
de ce qui sétait produit, et ordonna
alors aux Nains de tenir le compte des jours. Et
ainsi nous fîmes. Nous gravâmes tout
ce que nous avions vu et entendu sur les murs de
nos forteresses, fixant à jamais notre histoire
sur la pierre. Nous perçâmes aussi
de grandes cheminées vers la surface, du
cur de chaque Forteresse Naine, à travers
la pierre et la terre, vers la surface même
du Monde. Ces cheminées donnaient sur un
ciel étrange et infini, et sous chaque cheminée
nous plaçâmes de grands cristaux, et
des miroirs de bronze poli. Et ainsi chaque jour,
du tout premier jusquà même celui-ci,
le Soleil dans son errance brilla loin sous la terre,
et sa lumière fut visible même dans
la plus sombre des catacombes. Nous marquâmes
chacun de ses passages, et gravâmes à
chaque fois un signe sur les murs de la plus solide
pierre.
Alors même que nous commencions à
compter le passage des jours, Thurin donna à
ses enfants une autre tâche, un labeur que
nous vînmes à regretter. Thurin choisit
les plus forts de notre race, et les emmena hors
des profondeurs jusquà la surface,
sous le terrible ciel. Une seule fois auparavant
un Nain avait quitté le monde de la pierre
pour marcher sous le ciel infini, quand Therron
Souffle de Pierre contempla la création de
lHomme et apprit le secret de lArt de
lAnimation. Thurin mena près de cent
de nos plus puissants frères jusquau
pied même des Falaises du Destin. Là
reposaient des fragments de la Weltwirdangssaga
qui fut gravée puis brisée par les
Géants. Thurin ordonna à ses enfants
de rassembler tous les fragments, quil appelait
Pierres Runiques, et de les ramener à Haganduur
pour les mettre en sécurité. Alors
Thurin quitta à nouveau ses enfants, et bientôt
nous apprîmes limmensité de la
tâche qui nous attendait. Les Pierres Runiques
gisaient en effet éparpillées à
travers toute la surface dAerynth, et seraient
longues à rassembler. Thurin nous avait bien
créés cependant, et nous ne fûmes
pas découragés devant la difficulté
de la tâche. Hélas! Nous avions à
peine commencé notre nouveau labeur quil
fut cruellement interrompu.
Notre labeur attira rapidement la colère
des Géants, qui clamaient comme leurs les
Pierres Runiques, et refusèrent découter
nos explications. Près dune centaine
de nos premiers quêteurs furent tués
en ce jour funeste, brisés par les Géants.
Jamais auparavant un enfant de Thurin navait
connu la mort. Quand la triste nouvelle atteignit
Haganduur, toute la race des Nains fut pétrifiée.
Thurin était parti et ne pouvait plus nous
guider, et pour la première fois nous nous
retrouvâmes entravés dans notre labeur.
Nous connaissions le travail, lémerveillement,
et la joie. Alors nous apprîmes la colère.
Thrangdan Epaules de Pierre clama le nom de Thrangdan
Tueur de Géant, mit sa pioche de côté
et prit une hache. Des légions de Nains le
suivirent, et bientôt le Nord glacé
fut parcouru du flot rouge du sang des Géants,
et nos ennemis apprirent pour leur plus grand malheur
à quel point Malog nous avait bien formés.
Le Monde avait à nouveau changé: des
Nains avaient été tués, et
pour la première fois ils marchaient à
la surface et faisaient la guerre contre ses habitants.
LAge de la Forge avait à jamais disparu,
et vint alors lAge de la Hache, le plus long
et le plus terrible des Ages que mon peuple connaîtra
jamais.
Notre querelle avec les Géants tourna à
la guerre, ce grand conflit que vos Erudits appellent
la Guerre des Pierres. Votre peuple ne connaît
quune seule guerre, mais nous les Nains nous
souvenons de beaucoup. Elles durèrent près
dun millénaire, et lorsquelles
sachevèrent les Nains pouvaient compter
tous les peuples du Monde parmi leurs ennemis. LAge
de la Hache fut un temps de grand changement pour
mon peuple: nous apprîmes rapidement à
nous adapter à un Monde qui nous était
inconnu, et nous apprîmes rapidement à
tracer notre propre voie, car Thurin nétait
plus là pour nous guider. Au commencement,
la Guerre des Pierres allait bien pour notre peuple,
car nombreuses et puissantes étaient nos
armes. Les Maîtres Animateurs façonnèrent
des légions de murgolems pour défendre
nos forteresses, et nos guerriers avaient appris
nombre de secrets de Malog. Mais apparemment la
tendance sinversa, et les Géants commencèrent
à obtenir des victoires inattendues. Des
forteresses entières tombèrent face
à leurs terribles attaques, et le Chant des
Lamentations sallongea en effet de beaucoup.
Les Thanes et les Maîtres de Guerre étaient
profondément troublés, et bientôt
nous apprîmes comment les Géants étaient
parvenus à nous attaquer aussi durement.
Les Géants avaient trouvé un nouveau
sauveur et Patron, un Dieu qui leur accorda une
grande puissance et leur promit la victoire à
la bataille. Leur nouveau maître nétait
personne dautre que Malog le Dieu Défiguré,
qui sétait finalement trouvé
de nouveaux pions. Malog avait appris que Shadowbane
était dissimulée dans les Grands Halls
dHaganduur, et ainsi il amena les Géants
à nous combattre, espérant se tailler
un chemin jusquà lEpée
du Destin. Le Guerrier se souvenait bien de toutes
les cartes quil avait vues à Haganduur,
et mena les Géants vers nombre de nos forteresses
cachées, où ils brisèrent les
portes et les murs, et pillèrent nos travaux
pour nourrir lavidité du Dieu Défiguré.
Des montagnes entières furent abattues au
cours de cette guerre, et face au grand assaut,
nous nous retirions, battant en retraite, et utilisant
le corps dAerynth comme notre forteresse et
notre bouclier. Aucun Géant en effet ne pouvait
parcourir les étroites routes menant à
Haganduur, et nos défenses tinrent bon face
à la terrible attaque. Avec le temps, les
Géants sattirèrent par ailleurs
la colère des Elfes comme des Hommes, et
leur attention fut détournée de nous.
On ma raconté que leurs querelles avec
les Elfes et les Nordiques les avaient conduits
à lextinction, détruisant presque
toute la race des Géants, et quils
finirent alors par renier Malog, se détournant
du Dieu Défiguré. Quant aux Nains,
nous venions dapprendre deux grandes leçons:
dabord, quil vaut mieux parfois survivre
à son ennemi que le vaincre, et ensuite,
que les peuples du Monde de la Surface étaient
à jamais divisés, toujours à
guerroyer les uns contre les autres. Cest
une faiblesse.
Avec le commencement de notre guerre avec les Géants,
des groupes de Quêteurs de Rune voyagèrent
loin partout à la surface dAerynth.
Pour la première fois depuis notre création,
les Nains marchaient parmi les autres peuples du
Monde, qui nous trouvèrent étranges
et merveilleux. Les Quêteurs rencontrèrent
les Centaures, et engagèrent des relations
commerciales avec les Nordiques et les Grands Hommes
dArdan. Nous souvenant des récits de
Thurin, nous fûmes prudents dans nos relations
avec les Elfes et lEmpire Immortel, mais même
eux étaient prêts à échanger
leurs Pierres Runiques contre les secrets de lArtisanat.
Tous les Enfants du Monde entrèrent en relation
avec nous, et nous échangeâmes nos
connaissances de lArtisanat, de la pierre
et de lacier contre les Pierres Runiques que
nous devions rassembler. Des Maîtres Forgerons
servirent des Rois Humains et des Seigneurs Elfiques,
forgeant des armes et des armures qui navaient
jusque là jamais été vues sous
le Soleil et le Ciel. Cétait alors
une époque de paix et de prospérité,
mais elle sacheva bien trop tôt.
Les Elfes, telle était leur nature, étaient
suspicieux des raisons de notre mission, et se demandèrent
pourquoi les Pierres Runiques, ou Runes, étaient
si importantes. Avec le temps, leurs Sorciers apprirent
à sentir et à maîtriser la puissance
scellée dans les pierres, et bientôt
tous les Enfants du Monde commencèrent à
se lier aux Runes, changeant leur nature et leur
destinée. Lattrait du pouvoir était
grand: les Centaures, les Elfes et les Hommes se
retournèrent soudain contre nous, brisant
leur parole, reniant nos accords, accumulant les
pierres. Là où toutes les Races avaient
été nos amies, nous nous retrouvâmes
soudain encerclés de toute part. Les plus
grands Nains encore vivants se rassemblèrent
alors dans la Chambre des Voix dHaganduur,
et là nous débattîmes de ce
nouveau dilemme. La tromperie et la trahison ne
sont pas dans la nature de Thurin, et elles avaient
toujours été anathèmes pour
ses enfants. Nous étions déconcertés
et consternés de voir nos anciens amis et
alliés briser ainsi leur parole, et sans
la guidance de Thurin, nous ne savions pas comment
procéder.
Alors cela fut comme avant, lorsque les Nains avaient
pour la première fois senti la colère
des Géants, un Nain savança
et choisit une nouvelle destinée pour son
peuple. Doran il de Diamant, le plus puissant
et le plus sage de tous les Prêtres de Thurin,
cria par-dessus le tumulte, sa voix telle le tonnerre.
Les actes et les motivations de ceux de la Surface
navaient aucune importance, car ils sont au
de là de toute compréhension, dit
le grand Nain. Seul le résultat de laction
importait: Ceux de la Surface tentaient, du fait
de leur cupidité, dentraver la volonté
de Thurin, comme les Géants lavaient
fait avant eux. Les enfants de Thurin, proclama-t-il,
devaient régler cette nouvelle menace comme
ils avaient autrefois réglé celle
des Géants: avec la hache! Alors la Race
Naine se prépara à nouveau pour la
guerre, et nous jaillîmes de nos forteresses
cachées et combattîmes les Hommes dArdan,
les Elfes de lEmpire Immortel, et même
les Centaures des Vastes Plaines. La Guerre des
Pierres fut relancée, et sérieusement.
Nous vidâmes les armureries dHaganduur
et brandîmes nos plus puissantes armes dans
la mêlée.
Notre courage et notre résolution ne vacillèrent
jamais nous sommes des Nains, après
tout. Quelle peur avons-nous de la mort, pourvu
que nous mourions au service de la volonté
de Thurin? Et mourir nous fîmes, par centaines
et par milliers. Nos armes étaient puissantes
au de là de tout ce qui était connu,
et notre puissance et nos capacités étaient
grandes en effet, mais même les plus grands
Guerriers de lAge de la Hache ne pouvait tenir
face à de si nombreux ennemis. La puissance
des Titans, les sortilèges Sidhe, et la force
des Seigneurs Chevaux étaient plus que ce
que nous pouvions affronter. Nombre des plus grands
et des plus puissants Nains qui avaient jamais vécu
tombèrent rapidement au cours de ce conflit,
et le fléau que furent nos ennemis lorsquils
investirent nos forteresses faisait paraître
bien faible celui quavaient été
les Géants longtemps auparavant. Ainsi commença
le plus sombre chapitre de notre histoire, bien
que nous ne sachions pas à quel point il
serait sombre. Finalement, les Armées Elfiques
se taillèrent un chemin dans les profondeurs
tels une épée de feu, et parvinrent
même jusquà Haganduur. Doran
il de Diamant mena alors lultime sortie
contre nos ennemis, et les deux armées se
rencontrèrent alors dans une vaste caverne,
et là eut lieu la bataille finale de la Guerre
des Pierres. Au cours de ce terrible combat la pleine
totalité de notre sombre destin nous fut
finalement révélée
Les yeux des Elfes étaient aiguisés,
et les sorts des Sidhes avaient le pouvoir de cacher
et de révéler. Ainsi il advint quau
milieu de la mêlée, les sortilèges
Elfiques percèrent les voiles tissés
autour du grand prêtre de Thurin, et que sa
véritable forme fut révélée.
Au milieu de nos lignes se tenait non pas un Nain,
mais Malog le Défiguré, qui avait
appris à cacher sa véritable forme
avec le masque même que notre père
lui avait offert! Alors toutes les tromperies et
trahisons de Malog furent révélées
au grand jour: le Guerrier avait échoué
dans sa tentative pour détruire les Enfants
de Thurin de lextérieur, alors il essaya
une seconde fois mais cette fois de lintérieur.
Longtemps après seulement nous apprîmes
comment nous avions été trompés:
comment Malog avait tué Doran il de
Diamant des années auparavant et avait pris
sa place, espérant obtenir laccès
à la chambre où Shadowbane était
conservée. Quand cela échoua, il décida
de lancer notre peuple dans une guerre à
lissue désespérée, pensant
que lEpée du Destin tomberait entre
ses mains une fois que nous aurions tous été
détruits. Mais les plans du Défiguré
avaient échoué, car il avait été
révélé trop tôt. Dans
sa rage il attaqua Elfes comme Nains, et personne
ne pouvait soutenir sa furie.
Au moment le plus terrible, Arak Fendeur de Heaume,
second après Thrangdan Tueur de Géant
dans les rangs des héros Nains, prit son
puissant marteau et frappa la grande colonne qui
sélevait au centre de la caverne. Le
plafond tout entier seffondra, enterrant Malog
ainsi que les deux armées, Elfe et Naine.
Ce fut un grand sacrifice, et nombre des plus grands
Nains périrent alors, mais linvasion
dHaganduur avait été déjouée,
et les plans de Malog contrecarrés. Quand
la nouvelle de la tromperie de Malog parvint jusquaux
Thanes, ces derniers décidèrent que
la Race Naine sétait égarée,
et que la Guerre des Pierres nétait
pas la volonté de Thurin mais pure folie.
Nous abandonnâmes alors toutes nos forteresses
à lexception dHaganduur, fermant
tous ses portails, et dissimulant ses portes. Comme
nous lavions fait contre les Géants,
les Nains se retiraient dans leur plus grande forteresse,
laissant Ceux de la Surface sentretuer sous
le terrible Ciel. Thurin nous avait donné
la vie éternelle: nous lutiliserions
comme une arme, et quand nos ennemis seraient tous
morts depuis longtemps, nous ré-émergerions
alors, et rassemblerions les Runes des tombes de
nos ennemis.
Ainsi nous restâmes cachés dans notre
forteresse secrète alors que les Hordes du
Chaos ravageaient la surface dAerynth. Nous
sentîmes les chocs et les séismes de
la Guerre du Fléau, mais les légions
du Chaos jamais ne parvinrent jusquaux profondeurs,
et quand fut lancé lappel de la Grande
Alliance pour tous les Enfants du Monde, nous lignorâmes.
Nous attendîmes, et daprès ce
que vous mavez raconté, il semblerait
que le fléau du Chaos avait presque détruit
tous nos ennemis pour nous. Nous attendîmes
et travaillâmes à nos forges, en sécurité,
confiant en notre exil imposé. Nous étions
peut-être trop confiants.
La Guerre du Fléau était près
de sa fin quand nous découvrîmes que
la chambre de Shadowbane était vide. LEpée
du Destin, notre charge sacrée, avait été
volée! Nous craignions que Malog nait
finalement triomphé en dépit de tous
nos efforts, et les plus puissants dentre
nous quittèrent Haganduur, retournant dans
le Monde de la Surface, pour senquérir
du destin de lépée. Les rares
qui rentrèrent portaient de bien sombres
nouvelles: ils parlèrent dun monde
ravagé, souillé et corrompu par le
Chaos. Nous apprîmes quun héros
Humain avait volé Shadowbane, seulement pour
se la faire ravir par une Reine Elfe. Bien que nos
héros laient partout recherchée,
des divinations révélèrent
que lépée de Thurin avait franchi
les frontières dAerynth, à jamais
hors de notre portée. Alors que nous réalisions
avoir failli à notre père, les Nains
alors apprirent le désespoir. Nous scellâmes
à nouveau nos portes, et attendîmes
la victoire finale du Chaos. Le Père de Toute
Chose revint alors en ce Monde, mais nous ne le
vîmes pas. Il appela Thurin pour combattre
à Ses côtés pendant la bataille
finale, mais nous ne lentendîmes pas.
Nous attendions dans les ténèbres,
ressassant longuement les leçons que lhistoire
et le destin nous avaient enseignées. La
Guerre du Fléau sacheva, mais nous
restâmes dans notre isolement. Aucun Nain
ne prit part aux célébrations, ni
aida à la reconstruction du Monde de la Surface.
Nous attendions, et nous observions, travaillant
à nos forges et errant dans nos grandes salles.
Bien que les Nains aient connu la paix durant des
siècles, lAge de la Hache nétait
pas encore achevé, car il y avait encore
une guerre pour mon peuple à mener, quand
notre plus grand ennemi séleva contre
nous pour la troisième fois. Nous espérions
que le sacrifice dArak avait détruit
le mal quétait Malog pour toujours.
Nous nous trompions.
Vous mavez narré lhistoire de
la Guerre des Cendres, quand le Déchu quavait
été Malog le Dieu Défiguré
revint sur Aerynth avec ses Corrompus Enfants. Le
conflit qui ravagea le monde du Soleil et du Ciel
tôt dans votre Age des Rois nétait
quun bref écho du véritable
combat qui faisait rage dans les profondeurs. Pendant
que Morloch envoyait des nuées dOrcs
et dOgres troubler les Enfants du Monde, il
mena ses grandes armées dEnfants Corrompus
jusquaux ruines des forteresses Naines, laissées
à labandon depuis la furie des Géants.
En hordes innombrables, à force de griffes,
ils se creusèrent un chemin à travers
nos tunnels et cavernes, cherchant le chemin jusquà
Haganduur et Shadowbane. Quand la descendance de
Morloch parvint jusquà Haganduur, nous
brisâmes leur siège, nos Guerriers
se ruèrent au combat, et leur puissance navait
pas décliné. Les nouveaux serviteurs
de Morloch nétaient quun piètre
défi pour nos Guerriers qui avaient affronté
la Guerre des Pierres, et les cavernes semplirent
des cadavres de nos ennemis. Enfin, Morloch lui-même
savança, traversant les profondeurs
telle la peste, et aucun ne put échapper
à sa furie. Dans lombre et les flammes
le Défiguré atteignit les Portes dHaganduur,
et les fendit de ses poings puissants.
La force du Dieu Déchu aurait détruit
notre première et plus grande forteresse,
mais il sarrêta, car Thurin était
là. Enfin, après des millénaires
de ténèbres et de doutes, le Façonneur
était enfin revenu à ses enfants,
à lheure de leur plus grande détresse.
Thurin demanda au Défiguré pourquoi
il était venu à Haganduur, où
il nétait plus le bienvenu. Morloch
siffla de rage et denvie quil était
venu pour lEpée du Destin. Shadowbane
naurait jamais pu être forgée
sans son aide, délirait-il, et le plus grand
chef duvre de Thurin naurait jamais
dû être confié à des mains
mortelles. Morloch était le Guerrier: lépée
était sienne de droit. Thurin ne prononça
que cinq mots au Seigneur des Orcs: «Elle
nest pas ici.» Alors la rage de Morloch
séteignit, et il sen alla hors
des profondeurs, car il savait que Thurin jamais
ne mentirait. Morloch retourna dans le Monde de
la Surface, et vous mavez conté ce
quil est advenu de lui. Nombreux seront ceux
parmi mon peuple qui seront heureux de lentendre.
Après le départ du Dieu Déchu,
Thurin revint à Haganduur, et là nous
lui parlâmes de notre orgueil, de nos erreurs,
et de nos pertes. Thurin sourit, et proclama quenfin
ses enfants étaient arrivés à
lâge de raison, car nous connaissions
la Gloire comme le Sacrifice, et alors que nous
connaissions les joies du Devoir, nous avions aussi
appris à quel point une loyauté aveugle
pouvait être destructrice. Il nous pardonna
nos erreurs, et pour la première fois depuis
la création des Nains, il demanda notre aide
comme à des amis, non plus comme à
des serviteurs. Notre Monde à nouveau avait
changé. LAge de la Hache était
passé, et lAge de la Chaîne était
commencé.
Vous semblez surpris, honorable hôte, par
ce nom. Pensez-vous que, dune certaine façon,
mon peuple devint lesclave de Thurin après
son retour? Cest tout le contraire. Le retour
de notre Père nous libéra pour que
nous puissions tracer notre propre destinée.
Non, cet Age tire son nom de la première
requête que nous adressa Thurin. Il demanda
aux Nains de mettre leurs haches de côté
et de retourner à la forge. Au lieu de lames
ou darmes, Thurin nous demanda de façonner
des chaînes, de grandes chaînes dadamant
avec des anneaux de la taille dun cheval.
Même si Thurin nous avait libérés
de sa volonté, nous étions toujours
honorés dêtre ses enfants, et
fûmes heureux daccéder à
ses désirs. Alors que nous travaillions,
Thurin se retira dans la plus profonde des chambres
dHaganduur, où étaient conservées
toutes les Pierres Runiques collectées. Là
il occupa son esprit dans lexamen des fragments
de la grande saga du Père de Toute Chose,
un puzzle qui pourrait, si toutes les pièces
étaient correctement rassemblées,
révéler la course du futur. Et ainsi
nous travaillâmes, et pendant tout ce temps
nous attendions, et nos Prêtres élaborèrent
augures et divinations, car Thurin avait dit que
Shadowbane reviendrait un jour sur Aerynth, et que
nous devions être prêts pour ce jour.
Près de trois siècles passèrent
quand enfin les augures des Prêtres furent
répondues. Shadowbane était revenue
sur ce Monde: les voix des Archons et les pierres
elles-mêmes nous murmurèrent le puissant
récit du Champ de Rennelind, où Shadowbane
mena lEmpire Immortel à sa perte. La
honte du vol de Beregund brûlait toujours
en nos curs, et nous attendions une occasion
denfin obtenir vengeance pour cet acte vil.
Les Armées Naines se rassemblèrent,
prête à faire la guerre au Haut-Royaume
de Cambruin, mais Thurin émergea de son étude,
et nous ordonna darrêter. Enfin le puzzle
était résolu, et bien que de nombreux
fragments du futur fussent à jamais perdus,
Thurin avait appris la véritable nature de
Cambruin et son sombre destin. Le Façonneur
vit la tempête à venir, et savait ce
qui devait être fait. Thurin révéla
une partie du sombre destin quil avait lu
à quelques Thanes et héros, mais toute
lhistoire, lui seul la connaît. La voix
emplie de crainte, le Façonneur nous demanda
de déposer nos armes, et de prendre au lieu
de cela les grandes chaînes que nous avions
façonnées pour lui. Thurin déclara
que le moment était venu dabandonner
Haganduur: il nous exhorta à prendre tous
nos trésors (à lexception des
Pierres Runiques, quil conserva avec lui)
et à retourner dans les grandes profondeurs,
reprenant nos forteresses depuis longtemps abandonnées.
Les grandes chaînes devaient aller de forteresse
en forteresse, et être arrimées aux
parties les plus solides dAerynth.
Alors que la Guerre des Larmes arrivait à
sa fin sanglante, nous travaillâmes, et bientôt
des lieues et des lieues de lourdes chaînes
furent traînées le long de profonds
tunnels, ancrées sur les pierres les plus
anciennes et les plus dures. Quand ce travail fut
terminé, Thurin rassembla tous ses enfants
une dernière fois. Il nous dit de retourner
à nos forteresses, de les sceller, et dattendre.
Une tempête approchait, plus grande et plus
terrible que léveil du Dragon, et les
temps à venir seraient sombres et terribles.
Nous devons endurer, et travailler à notre
plus grand uvre, le plus difficile que notre
race connaîtra jamais. Le Façonneur
nous avertit quil ne pourrait plus être
là pour nous guider, mais il savait que nos
Compétence, Artisanat et Volonté seraient
suffisants. Alors Thurin nous quitta pour la dernière
fois, et tout mon peuple séparpilla
dans ses forteresses, et attendit lorage.
Il ne fut pas long à venir.
Ainsi vint le Tournant, quand le Monde fut brisé.
Pendant quatre Ages nous avions vécu dans
les profondeurs, certains que nous étions
que la Pierre, la chair solide dAerynth, était
éternel et immuable. Voir le cur du
Monde se briser fut pour nous une vision bien plus
terrifiante que le Dragon. Des Nains sans nombre
furent détruits, car les profondeurs furent
bien plus ravagées que les terres du Soleil.
Les Grands Halls dHaganduur furent brisés,
emplis du sang du Dragon. Des forteresses innombrables
furent perdues, alors que les fragments du Monde
commencèrent à dériver dans
le Vide. Mais les Nains étaient prêts.
Les grandes chaînes quils avaient forgées
étaient depuis longtemps terminées,
et quand le Monde se brisa, les chaînes tinrent
bon, gardant les fragments du Monde proches les
uns des autres, voire les maintenant en contact.
Quand la tempête fut finalement passée,
les Thanes et héros que Thurin avait conseillés
dirent au reste dentre nous quil restait
une tâche à accomplir. Le Façonneur
avait donné à ses enfants une dernière
tâche à accomplir: nous devons retourner
dans le Monde de la Surface, et marcher parmi les
étrangers qui avaient autrefois été
nos pires ennemis. Quelque part dans ce chaos et
ces tourments, il existe le secret qui pourra réunir
les fragments dAerynth. Pourquoi le Monde
sétait-il brisé? Les portions
de la saga des Géants qui auraient pu donner
les réponses étaient trop abîmées
pour être lues, ou alors avaient été
perdues à jamais. Nous devons donc apprendre
tout ce que nous pouvons sur lHistoire du
Monde de la Surface, afin de pouvoir comprendre
la calamité qui la frappé, et
y remédier.
Et ainsi se poursuit lAge de la Chaîne,
tel que nous lappelons, et ce, jusquà
ce quAerynth soit reforgée, et que
de chaînes il ny ait plus besoin. Un
siècle durant les Nains ont parcouru la surface
du Monde, louant nos services comme maçons,
mercenaires et forgerons, écoutant attentivement
toute information ou légende que nous pourrions
dénicher sur le Tournant. Notre piété
et notre dévotion attira un grand nombre
dentre nous vers la Sainte Eglise du Père
de Toute Chose, où, en tant que Prélat,
nous pouvons lire des volumes dhistoire ancienne
insoupçonnée par notre peuple, et
où en tant que Croisé, nous pouvons
repousser la marée du sang et des ténèbres.
La restauration de ce Monde peut sembler une tâche
impossible, mais nous nous y sommes voués,
et nous restons aussi constants et déterminés
que nous létions au moment même
de notre premier souffle. Thurin nous attend au
cur du Monde brisé, et nous ne faillirons
pas."
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