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Les Humains

 
Fils des Hommes, Héritiers du Père de Toute Chose

Modelés par la main même du Père de Toute Chose, les Humains prétendent être Ses véritables enfants, et les maîtres de droit de ce Monde. A travers leur longue histoire, conflits et guerres ont été le lot principal des Fils des Hommes. Les Humains sont, par ailleurs, les plus variés et les plus versatiles de tous les Enfants du Monde, et leur intelligence comme leur capacité d'adaptation ont permis aux Humains de survivre en dépit de l'adversité. Autrefois esclaves du grand Empire Elfique, les Fils des Hommes se sont depuis libérés du joug de leurs oppresseurs, et ont ainsi bâti leurs propres empires. Héritiers d'un Monde qu'ils ne comprennent que difficilement, les Humains sont considérés par la plupart des autres races comme responsables du Tournant, maudits pour leur orgueil qui par trop excédait leur propre sagesse. Le conflit est donc un mode de vie pour les Humains, et certains pensent que les guerres incessantes qui tourmentent leur Petits Royaumes pourraient bien conduire à la destruction même de notre monde. La vérité ou le mensonge derrière ces affirmations n'ont jamais pu être réellement déterminés, et, même parmi les Hommes, le débat fait rage.
  Attributs de Départ
  Force:   40 (max 100)   Patron:   Le Père de Toute Chose, Créateur et Conquérant
Dextérité: 40 (max 100)
Constitution: 40 (max 100) Taille: 1.70m - 2.10m (hommes)
Intelligence: 40 (max 100) 1.60m - 2.00m (femmes)
Esprit: 40 (max 100)

Spécialisation de Classes disponibles

  • Assassin
  • Barbare
  • Barde
  • Canaliseur
  • Chasseresse (femmes uniquement)
  • Confesseur
  • Croisé
  • Druide
  • Eclaireur
  • Furie (femmes uniquement)
  • Guerrier
  • Mentaliste
  • Prélat
  • Prêtre
  • Rôdeur
  • Sorcier
  • Templier
  • Voleur


 LEUR PEUPLE

De tous les Enfants du monde, les Humains sont les plus divers, et les plus versatiles. Alors que les différences entre les nations Elfiques sont difficilement saisissables pour des étrangers, et que les Nains tendent à une troublante homogénéité dans leurs traits, un érudit qui ne creuserait pas plus loin la question pourrait prendre les Humains pour six races distinctes, au lieu d'une. En effet, il n'existe pas d'Humain "typique", du Nordique, pâle comme la neige, aux Irydni à la peau d'ébène, la différence est la règle. Les érudits ont donc identifié six grandes tribus Humaines, bien que le passage du temps ait brouillé les frontières entre elles.

Les Ethyréens : la plus puissante de toutes les tribus Humaines, les Ethyréens ont la peau claire, avec une chevelure tendant vers le brun ou le noir. Les premiers chefs Ethyréens devinrent les premiers Rois des Hommes, et fondèrent les dix Royaumes plus tard unis par Cambruin. Bien qu'ils ne soient pas les plus forts ou les plus savants des Hommes, les Ethyréens sont ceux qui ont imprimé la plus grande marque sur le Monde, et les Petits Royaumes, humiliés par le Tournant, restent toujours les plus puissantes nations du Monde.

Les Invorr: Grands et forts, les Nordiques ont la peau et les cheveux plus clairs que ceux des Ethyréens, et la pâleur de leur peau égale même celle des Elfes. Les cheveux des Invorr sont lumineux, tendant vers le blond ou le rouge flamboyant. Craints et détestés comme de sauvages Barbares, les Nordiques n'ont qu'une faible connaissance de la lecture, du savoir ou de la religion, bien qu'ils éprouvent une grande fierté envers leur héritage, et croient être les Grands Hommes, les véritables héritiers des Titans.

Les Irydnu: Aussi sombres que les Nordiques sont clairs, les Sombres Sages du Sud montrent une palette de couleur de peau variant du brun foncé à la teinte noire de la poix. Seuls les Irekei, nomades des Terres Brûlées, ont la peau plus sombre. Avant le Tournant, les Irydni vivaient isolés, et seules des rumeurs concernant leur civilisation étaient parvenues jusqu'au reste de l'Humanité. Il est dit par ailleurs qu'ils sont les plus sages de tous les hommes, et que la Magie coule dans leur veine presque aussi librement qu'elle le fait avec les Elfes.

Les Horwwthi: Les sauvages tribus des Grandes Steppes sont composées d'individus minces et petits, avec des cheveux noirs et une peau à la couleur de miel. La plupart des Hommes pensent que les Horwathi sont encore plus bestials que les Nordiques, mais il y en a peu qui égalent leur ténacité. Les Horwathi sont avant tout des survivants. Des rumeurs persistent quant à l'existence de grands empire au de-là des Steppes, des Empires Horwathi de Soie et de Magie. Mais depuis le Tournant, toute trace de ces terres a disparu.

Les Gwendannen: Robustes Hommes des Collines, les Gwendannen ont le teint rubicond, la peau bronzée et les cheveux noirs. Les Nordiques et les Hommes des Dix Royaumes ont longtemps combattu contre les clans Gwendannen, et leur nombre a diminué. Il est dit que les Voies Anciennes sont toujours présentes parmi le Peuple des Collines, qui continue de révérer les noms des Titans et de partager le culte des Druides dans les profondeurs des forêts.

Les Taripontor: Vifs et agiles, les vigoureux habitants des Cités Libres ont la peau bronzée par le soleil, et des cheveux sombres et bouclés. Aussi passionnés à la guerre qu'ils ne le sont dans l'art de la séduction, les Taripontori ne font jamais rien à moitié. Leurs artisans sont parmi les meilleurs du Monde, et ce sont des maîtres dans l'art de la navigation. Si les Hommes de Taripontor n'étaient pas si occupés à se battre entre eux, ils pourraient faire trembler même les Petits Royaumes.

D'obscures légendes parlent d'une septième race d'Humains, oubliée de l'histoire, une tribu errante connue sous le nom d'Anonami. On ne sait que très peu de choses sur eux, bien qu'on pense qu'ils avaient la peau sombre et étaient prompts à organiser des festivités. Depuis longtemps disparus, les Anonami ont été appelés par les Sages les "Hommes Perdus". D'anciennes légendes racontent par ailleurs que les sept nations Humaines ne sont que l'ombre de ce qu'elles furent autrefois. Les Premiers Hommes, que d'anciens textes appellent Ardani, étaient dotés d'une apparence et de facultés parfaites. Les Ardani vécurent sous le nom de Titans, maîtres des arts, de la guerre et de la magie. Ces Titans, racontent les légendes, furent détruits il y a bien longtemps par les Elfes. De nos jours, les héritiers des Ardani sont connus sous le nom de Fils des Hommes, et toute la gloire qu'ils ont soulevée n'est rien que l'écho d'une splendeur depuis longtemps révolue.

Les Savants et les Erudits ont longtemps débattu sur la question de la grandeur de l'Humanité. Les Fils des Hommes ne sont ni les plus forts, ni les plus intelligents, ni même les plus tenaces de tous les Enfants du monde, et pourtant, ils survivent sous les climats les plus difficiles, et gagnent des guerres contre toutes les autres races. Bien que dotés d'une espérance de vie plutôt courte (du moins, avant le Tournant), les Fils des Hommes sont clairement les plus fertiles de tous les Enfants du Monde, et ont récupéré de désastres bien plus rapidement que ne l'ont fait les autres peuples. Les Humains ne sont peut-être pas les plus grands parmi les Enfants du Monde, mais ils sont loin d'être les plus faibles, les plus bêtes, ou les plus fragiles. Bien que la plupart des autres races surpasse les Hommes sur un aspect particulier, dans d'autres elles seront invariablement surclassées. Certains Prélats croient que les Humains partagent la même nature quant à leur âme si ce n'est pas celle de leur corps, avec des caractéristiques bien plus équilibrées que chez les autres races. Les Alchimistes ont approfondi cette notion, faisant l'hypothèse que les Hommes offraient le plus parfait équilibre des humeurs dans leur sang. L'inculte croit que les Fils des Hommes ont autant bâti parce qu'ils seraient en fait les vrais enfants du Père de Toute Chose, créés de Sa main à Son image, et désignés par lui comme étant les maîtres de ce Monde. Comment alors, en déduisent-ils, quiconque pourrait-il leur résister?


 LEUR CIVILISATION

Les Humains sont très différents tant dans leur caractère que dans leur apparence. La plupart des Enfants de ce Monde privilégient une voie ou une profession par rapport aux autres: les Nains aiment la forge, les Elfes favorisent les Arts Mystiques, et les Centaures sont des maîtres dans l'art de la guerre. Les Fils des Hommes, par contre, pratiquent les trois sans distinction, et pratiquent bien d'autres métiers à côté de ceux là. Curieux et tenaces, les Humains aiment à tout questionner, et apprennent vite, soucieux de ne jamais laisser un mystère sans solution, ou une méthode sans application. En conséquence de quoi, les Fils des Hommes connaissent bien plus de professions qu'aucune autre race, et enrichissent donc constamment le Monde de leurs innovations.

Tout comme la couleur de leur peau varie du plus clair au plus foncé, la nature des Humains les amène aussi bien à la création qu'à la destruction. Les Fils des Hommes ont ainsi bâti l'Eglise du Père de Toute Chose, dont les saints sacrés sont connus partout pour leurs sacrifices et leurs bonnes actions. Les Mages Humains ont révolutionné les Arts des Arcanes, élaborant de nouvelles théories de la magie et découvrant de nouvelles sources de pouvoir. Le Haut-Roi créa le Code, la plus pure expression de la justice et de la vertu connue à ce jour, et les Artistes Humains ont donné naissance à des œuvres dont la beauté rivalise avec les plus grands chef-d’œuvres Elfiques. Mais, pour toute la beauté que les Fils des Hommes ont pu apporter à ce Monde, ils ont aussi déclenché d'innombrables terreurs et calamités.

Bien que les Hommes n'égalent pas l'arrogance des Elfes, ils tendent à ne pas oublier les insultes, et développent une mémoire remarquable quant à ce qui est de se rappeler leurs rancunes. Trois Ages durant les Hommes ont fait la guerre avec les Elfes, une amère rivalité qui atteignit son point culminant lors de la Guerre des Larmes. L'Homme est donc aussi familier au Conflit qu'il ne respire, et nombre d'érudits accusent la folie des Hommes, et en particulier celle du Haut-Roi Cambruin, d'avoir été la cause du Tournant et de toutes les ténèbres qui se sont depuis abattues sur le Monde. De leur côté, les Fils des Hommes ont une trop courte vue de la situation pour pouvoir penser en ces termes. La plupart des Hommes combattent en effet pour gagner ce dont ils pensent avoir besoin, ou pour protéger ce qui leur est cher. D'un point de vue historique, leur mortalité leur a conféré une précipitation et une impatience qui a toujours frustré les Elfes. La nouvelle immortalité née du Tournant pourrait peut-être conduire les Hommes vers un nouveau stade de conscience, ou alors, les Hommes pourraient tout aussi bien devenir encore plus téméraires, maintenant qu'ils n'ont plus à craindre la mort. Hélas, les guerres qui tourmentent l'Age des Conflits semblent faire pencher le jugement vers cette dernière réponse.

Les sociétés bâties par les Humains sont, comme on aurait pu le deviner, loin d'être uniformes. Alors que la plupart des Hommes parle le même langage, dérivé il y a longtemps d'une forme simplifiée de la langue commerciale Elfique, les coutumes et les traditions de chaque race d'Homme sont très différentes. Certaines vivent dans des royaumes, où un monarque héréditaire accorde terres et titres à ses vassaux, alors que d'autres suivent la loi des coalitions ou des conseils. Beaucoup d'Hommes vivent en clans ou en bandes, alors que d'autres vivent au sein de grandes Cités libres. Cambruin est le seul héros de toute l'histoire à avoir été aussi proche de l'unification de tous les Fils des Hommes, mais son travail a été grandement défait depuis sa mort, et le Tournant.

 LEUR SAVOIR

“Mes salutations, votre grâce, et bienvenue. Votre père, le Seigneur Duc, s'est montré plus qu'heureux d'apprendre à quel point vous aviez progressé dans vos études, et m'a donc ordonné de commencer aujourd’hui votre instruction dans les domaines de l'Histoire et du Savoir. Certes, je comprends tout à fait que les séances d'entraînement avec notre maître escrimeur puissent vous paraître autrement plus importantes, mais vous vous devez de comprendre: pour commander et régner sur autrui, il est nécessaire de d'abord se connaître, et de se comprendre soi-même. Comment alors, pouvez-vous espérer vous connaître vous-même, si vous ne connaissez pas l'histoire de votre propre race, et tout ce qui fait le grand héritage légué à l'Humanité? Courage donc, mon enfant, cette première leçon sera bien assez brève. Et l'histoire se révèlera des plus captivantes, pourvu que vous l'écoutiez vraiment.

Vous avez jusqu’ici bien écouté ce qui se dit à la chapelle, et vous y avez donc entendu les grandes litanies du Livre des Portées, et connaissez donc l'histoire des origines de l'Humanité. Je ne peux par conséquent qu'affiner le savoir fourni par les Saintes Ecritures. Les premiers Humains étaient donc les Titans, façonnés par les mains puissantes du Père de Toute Chose juste après le Commencement des Temps. Le nombre des Titans était de treize: sept grands hommes et six femmes, sculptés d'argile et de terre et imprégnés de la Grâce, de l'Esprit et de la Puissance du Père de Toute Chose. Des fragments de légendes anciennes nous ont par ailleurs rappelé leurs noms.

Ardan le Roi, qui épousa Kathellerin la Matronne, Torvald le Fort et Lashava, son impétueuse épouse, Maîtresse des Tempêtes, Golgerim le Forgeron et sa femme Gillaya la Guérisseuse, Gorum le Chasseur et sa fière épouse Hevralis, la Dame des Animaux, Wendol le Laboureur et Colwynne la Sage-Femme, et Arnomus le Roublard qui épousa Virenna, la plus Juste des Titans. Le dernier d'entre eux, le Magicien, ne reçut aucun nom, et ne prit pas femme. Certaines légendes racontent que le Père de Toute Chose avait été interrompu avant d'avoir pu terminé l'épouse du dernier Titan, alors que de nombreux Sorciers prétendent qu’au contraire, le Sans-Nom fut créé ainsi précisément selon la volonté du Père, incarnant dès lors le potentiel sans limite de l'Humanité, ainsi que son éternelle agitation.

L’Humanité fut la première Race à naître après le commencement des Temps, et donc nous naquîmes mortels, assujettis à la vieillesse et à la mort. La vie des Titans était longue de plusieurs Ages, et pourtant, nous, leurs enfants, fûmes dotés d’existences autrement plus courtes, et nous étions alors véritablement mortels, jusqu’à ce que survienne l’événement du Tournant. De tous les Enfants du Monde, nous sommes les seuls à être nés complètement du Père de Toute Chose, et de Sa Volonté: Il nous façonna en effet pour que nous régnions sur le Monde qu’Il avait créé, et quand les Titans furent achevés, Sa grande Vision d’Aerynth fut finalement accomplie. La faveur qu’Il accorda à l’Humanité nous attira la colère et l’envie de tous les autres Enfants du Monde. Plus d’une fois, ils tentèrent de nous reprendre notre droit de naissance, et de nous voler notre destinée. Ils échoueront toujours. Mais je crains de digresser: ce n’est qu’une leçon d’Histoire, et non de spiritualité. Je suis sûr que Prélat Corvin répondra à toutes les questions que vous pourriez vous poser à propos du niveau spirituel de l’Humanité. Je dois à présent en revenir aux Titans, et à la marque qu’ils laissèrent sur la chronique de notre histoire.

Après leur conception, les Titans voyagèrent jusqu’en une abondante vallée, et y vécurent comme des rois. Les Premiers Hommes s’installèrent rapidement dans la vallée, et la baptisèrent Ardan, du nom de leur Roi, et elle devint le premier royaume des Hommes. Ardan régna sur la terre qui porta son nom pendant plus de deux mille ans, une période que les Erudits appellent les Années de Lumière. Tragiquement, le souvenir de son règne et de son royaume nous a été perdu. On ne sait que peu de chose sur cette terre bénie, car elle connut une fin amère et cruelle. Il y a, pourtant, certaines choses qui ont pu être déduites des quelques légendes et fragments d’Ardan qui nous sont restés.

Nous savons que le Royaume d’Ardan fut un paradis, beau et éclairé, où les Titans vivaient parmi leurs enfants, tels des Demi-Dieux en puissance et en majesté. Les six nations des Hommes naquirent des six familles des Titans, chacune dotée de ses propres vertus. Nous savons aussi qu’Ardan entretenait une grande amitié avec les Nains et les Centaures. Nous savons d’après d’anciens textes, aujourd’hui conservés par la Sainte Eglise, que le Père de Toute Chose vécut alors au milieu des Titans et des Hommes pendant une certaine période, mais qu’il dut les quitter pour entreprendre une longue quête, car une Ombre s’était abattue sur Ardan bien tôt dans sa jeune histoire. Les Ténèbres cherchèrent à pénétrer en ce Monde, et elles empoisonnèrent les esprits des Morts. Ils se levèrent alors, en de vastes hordes sans repos, se regroupant pour former la Légion Maudite et menacer les vivants. Le Père de Toute Chose se rendit jusque dans le Vide pour y affronter la Mort elle-même, alors que les Hommes d’Ardan menaient la Guerre des Ombres contre les Morts. La victoire fut finalement acquise, mais le Père de Toute Chose ne revint pas, poursuivant Sa quête selon des desseins à nous inconnus.

La guerre contre les Morts fut gagnée, mais le Royaume Béni d’Ardan ne fut pas épargné par les conflits: même en ces jours, les natures diverses des différents Titans ne s’accordaient pas toujours. Il est des indices, enfouis dans les légendes et les sagas des Nordiques, de nombreuses querelles entre Torvald et Ardan. Finalement, le Titan obstiné mena ses enfants loin de la Vallée Bénite pour le Nord Glacé, en quête d’une terre qu’ils pourraient clamer comme leur. Ils ne furent pas les seuls Hommes à quitter le Royaume Béni: à un moment donné au cours du second millénaire de la race d’Ardan apparurent les Anomani, la septième race Humaine. Repoussés et considérés comme des Voleurs et des Vauriens, leur parenté reste incertaine. Les Anomani furent bannis d’Ardan par ordre du Roi, et nul conte ne rapporte ce qu’il est advenu d’eux. Et pourtant, même ces divisions n’étaient rien en comparaison de celles à venir. L’Empire Elfique apprit bientôt l’existence des Anomani suites aux errances de ces derniers, et la vision même des véritables enfants du Père de Toute Chose emplit les Elfes d’envie et de malice. Les Elfes rapidement lancèrent une guerre contre le Premier Royaume, mais la puissance des Titans était suffisante pour repousser les Armées Elfiques. Frustrés par l’impuissance de leurs bras, les Elfes, telle est leur nature, eurent recours à la sorcellerie et à la plus vile traîtrise. Leurs plus grands Mages et Erudits conçurent alors une puissante malédiction, un rituel si puissant qu’il condamnerait l’Humanité toute entière.

Alors que les armées des Elfes et des Hommes continuaient de se battre, les Mages Fey lancèrent leur puissant sortilège en secret, et un grand malheur s’abattit alors sur le peuple d’Ardan. Une terrible peste balaya la Vallée Bénite, une maladie qui brûlait le sang, tuant un nombre incalculable d’Hommes, et faisant sombrer le reste dans la folie. La destruction de l’Humanité aurait été complète sans Ardan, le Roi de Lumière. Lui encaissa le choc du terrible sortilège, aspirant sa puissance en lui-même pour épargner son royaume. Le sortilège Elfique était trop puissant cependant, même pour lui, et le Premier Homme mourut dans une indicible agonie. Les autres Titans, sombrant dans la folie, furent capturés par les Elfes et enfermés dans des prisons ensorcelées. Il y en a qui disent que Torvald et ses enfants furent épargnés de la frappe terrible de la Malédiction, mais la véracité de ces légendes reste indéterminée. La plupart des Fils des Hommes mourut dans l’agonie, et les quelques qui survécurent sombrèrent dans la débilité, leurs esprits réduits au niveau de celui des bêtes. Les Elfes se hâtèrent d’emboîter le pas de leur grand sortilège. Ils pillèrent alors les grands palais d’Ardan, et détruisirent ou volèrent tout ce qu’ils pouvaient. La légende dit qu’il existerait encore quelques ruines du Royaume Béni, perdues quelque part dans les étendues inconnues, mais aucun de ceux qui vivent aujourd’hui ne se souviennent exactement où. La Malédiction qui s’était abattue sur Ardan fut rapide, terrible et définitive. Ainsi s’achevèrent les Années de Lumière, et commencèrent les Années Cruelles.

Les Hommes vécurent tels des bêtes au cours des Années Cruelles qui suivirent la Malédiction, et les Elfes perfides les chassaient alors pour le sport, ou les enchaînaient pour en faire leurs esclaves et leurs animaux familiers. Fouettés et forcés à un labeur incessant, le sort des Fils des Hommes était cruel, et nous ne devrons jamais oublier les fruits amers qu’ont porté l’envie et l’ambition Elfiques. Les Elfes cruels avaient défait l’esprit des hommes, volé leurs souvenirs, et ravi leur histoire. Avec le temps, ils s’efforcèrent aussi à défaire le corps-même des Hommes. Une magie maléfique fut utilisée sur d’infortunés esclaves, qui devinrent les victimes de toutes sortes de monstrueuses expérimentations: ainsi naquirent les Minotaures, de la perversité Elfique. La grande Captivité de l’Homme devait durer dix années de moins que deux millénaires, et bien que pendant tout ce temps les Elfes essayèrent de détruire l’Humanité, la Volonté du Père de Toute Chose ne put être niée, et même leur Magie n’y pouvait rien. Alors même qu’ils servaient ployés sous le poids des lourdes chaînes, la Malédiction commença à faiblir, et les Fils des Hommes réapprirent rapidement de leurs geôliers. Les arts de la parole et du langage furent repris aux maîtres Elfiques, et bientôt, un groupe d’esclaves intelligents se débrouilla pour libérer une légion entière d’esclaves. Ces rebelles fuirent l’Empire Elfique, et bien que la poursuite qui s’ensuivit fut brève et terrible, ils parvinrent finalement dans les Vastes Steppes, et y trouvèrent refuge. Errant dans les plaines, ils se nommèrent les Libérés, et cherchèrent un moyen de libérer leur peuple. Au cours de leurs voyages, ils apprirent rapidement à survivre dans les terres sauvages. Là ils rencontrèrent les Centaures, et le cours de l’histoire Humaine fut alors changé à jamais.

Les Enfants de Kenaryn enseignèrent nombre de choses aux réfugiés Humains. Enfin les Fils des Hommes apprirent ce qui était leur véritable héritage, car les Centaures avaient été en contact avec Ardan, et ils se souvenaient bien du Royaume Béni. Les Seigneurs Chevaux apprirent aux réfugiés à vénérer le Père de Toute Chose et Kenaryn, son loyal compagnon. Ils en apprirent beaucoup aux Hommes sur ce qu’étaient la Loi, l’Art de la Guerre et l’Histoire. Les Centaures avaient une longue mémoire, et se souvenaient toujours de la Chute d’Ardan comme de la Grande Trahison, quand les Elfes se détournèrent de la grâce du Père de Toute Chose. Et donc, enfin, la trahison des Elfes fut défaite, car l’Humanité avait récupéré son identité et son héritage, qui lui avaient été autrefois volés. Les Libérés grandirent en force, et quittèrent les Steppes, fondant un Royaume Secret près de l’Empire Elfique. Les Hommes du Royaume Secret travaillèrent dur et longtemps pour libérer leurs frères encore enchaînés. Pendant les décennies qui suivirent, ils lancèrent nombre de raids et d’attaques surprise tout au long de la frontière de l’Empire Elfique, et le conflit entre Hommes et Elfes s’intensifia.

Finalement, alors que s’assombrissait le Soleil dans les cieux, un grand groupe d’assaillants menés par Torvagau le Libérateur mit à sac une ancienne bibliothèque. Des textes anciens qu’il y trouva, Torvagau apprit l’endroit où les Titans avaient été enfermés, il y a tellement longtemps. Et alors que le peuple Elfique s’entredéchirait lors de la Guerre des Flammes, Torvagau et sa bande de héros réussirent à pénétrer au plus profond de l’Empire Immortel, répandant le message de liberté sur leur passage. A travers tout l’Empire Elfique, les Humains se révoltèrent par milliers, brisant leurs chaînes, et renversant les tables de leurs anciens maîtres. Dans le chaos qui s’ensuivit, le Libérateur découvrit la prison des Titans, et brisa les puissants sortilèges qui les retenaient. Les Titans furent libérés, et ils menèrent les Fils des Hommes de l’esclavage au Monde libre.

Et alors l’histoire de l’Humanité ne fut plus une, mais six, car les nations de l’Humanité se dispersèrent alors aux quatre coins du Monde, chacune en quête d’une patrie qui lui serait propre. De nouveaux Royaumes, des royaumes Humains, furent fondés. Bien des choses pourraient être dites sur l’histoire des Invorri du Grand Nord, ou les sauvages Horwathi de l’Est, ou les mystérieux Irydnu. Peut-être qu’avec le temps, vous en apprendrez plus sur eux. Pour l’instant, je vous parlerai de l’histoire de la Race Ethyrienne, née d’Ardan et de Kathellerin, les plus puissants de tous les Fils des Hommes, les héritiers véritables du Royaume Béni. Les Ethyri voyagèrent loin dans le sud, et s’installèrent le long des côtes de la Mer de Gwalinnen. Là ils fondèrent le Royaume d’Ethyria, et firent de Torvagau le Libérateur leur nouveau Roi. A sa cour splendide vint Draethen Vraie-Lame, l’immortel Fils du Père de Toute Chose, et il offrit alors au Roi Torvagau une épée puissante, du nom de Lame-Vérité, la plus grande des Jen’e’tai, et que les légendes décrivent comme scintillant de la lumière de toutes les étoiles. Les Années Cruelles s’étaient achevées, et commença alors le Temps des Héros. Pendant quelques générations, de Nouveaux Royaumes prospérèrent, et des Héros se levèrent, dont les noms sont toujours célébrés même aujourd’hui. Le Temps des Héros fut le temps de Dangorn, d’Almeus le Jeune, de Sesheth le Chasseur, de Finn ap Cummil, et de Diarmid mac Roan. Ainsi les Fils des Hommes connurent-ils un second âge d’or, mais celui-ci fut bien trop bref.

Au cours du troisième siècle après leur fondation, les Nouveaux Royaumes furent balayés par une vague de sang. Les Hordes du Chaos avaient pénétré dans Aerynth, amenant avec elles la Guerre du Fléau. Les Irydnu fuirent en des terres bien au de là de la patrie des Hommes, les Gwendi furent presque détruits, et les Seigneurs de Guerre d’Ethyria s’en tirèrent à peine mieux. Trois des Titans tombèrent en protégeant le Monde, et des tribus et royaumes entiers furent rasés, détruits par la Main du Chaos. Les horreurs de la guerre peuvent pousser même les pires ennemis à coopérer face à la destruction, et il advint que les Elfes firent le premier pas en approchant les Rois Humains avec des offres d’alliance. Certains parmi le Blond Peuple n’avaient pas oublié la sagesse du Père de Toute Chose, et proclamèrent que Ses enfants devaient faire face ensemble, ou bien tous sûrement périraient. Deux millénaires de rancœur et de suspicion n’étaient pas faciles à oublier, cependant, et ce ne fut que lorsque les Centaures proclamèrent la même chose que les Fils des Hommes écoutèrent. La Grande Alliance fut finalement formée, et les Hommes combattirent au côté des Elfes, des Géants et des Centaures contre la grande marée du Chaos.

Notre force servit bien la Grande Alliance, et les soldats Humains étaient sans cesse sur le front, et nombre de héros Ethyriens donnèrent leur vie pour le bien de tous. La valeur Humaine, associée à la force des Géants, à la magie Elfique et à la ruse Centaure, toutes furent suffisantes pour stopper l’invasion du Chaos. En effet, le premier Seigneur Ténébreux à tomber sur le champ de bataille le fut sous le coup d’un Humain. Beregund Quêteur de l’Epée, l’Homme des Collines qui perdit sa tribu et découvrit l’épée Shadowbane, apporta à la Grande Alliance son premier triomphe. Hélas, au seuil même de la victoire, les haines anciennes ressurgirent. Beregund fut assassiné, tué par une reine Elfique qui s’empara de Shadowbane pour la faire sienne. Cette femme cruelle fut consumée par le Chaos, et Shadowbane fut perdue. Les Fils des Hommes furent saisis de colère, car cette nouvelle trahison des Elfes n’en était que trop à supporter. Ivard Kandorian, le plus grand des Généraux des Hommes, dirigea ses troupes et prépara la vengeance de Beregund. La Grande Alliance était près de la destruction, et il semblait alors qu’Aerynth était condamnée.

A ce moment, l’heure la plus sombre de la Guerre du Fléau, Aerynth fut finalement délivrée de la poigne du Chaos. Le Père de Toute Chose revint, et avec lui son armée d’Archons, qui s’abattirent sur les légions des Seigneurs Ténébreux pour les décimer. Avec le Père de Toute Chose revint aussi Ardan, délivré du Néant par la main de son Père. Le Père de Toute Chose rappela à Lui tous les Titans, ainsi que tous Ses Compagnons. Ainsi vinrent Kenaryn, et Thurin aussi, bien que les enfants du Façonneur soient restés cachés dans les profondeurs, alors même que le sang des Fils des Hommes pour eux fut versé. Même Malog vint, car le Guerrier Déchu ne pouvait défier la volonté de son Maître. La Grande Alliance fut renouvelée, et les Dieux, les Titans, et les Archons menèrent leurs armées en une dernière et glorieuse campagne. Ils repoussèrent les forces des Seigneurs Ténébreux, jusque dans le redouté Portail du Chaos. Et pourtant ces triomphes n’étaient pas suffisants, alors, le Père de Toute Chose mena une invasion jusque dans le Chaos lui-même, avec Ivard Kandorian combattant à Ses côtés. Mais la traîtrise de Malog mit fin à la glorieuse bataille, et le Père de Toute Chose dut battre en retraite avant que la victoire finale ne soit acquise, abandonnant son Compagnon Déchu pourrir dans les puits du Chaos. L’Archon Hedrusiel scella le Portail du Chaos, et enfin s’acheva la Guerre du Fléau, sur une victoire. Aerynth était sauvée.

Grandes et joyeuses furent les célébrations qui suivirent cette dernière bataille. Le Père de Toute Chose proclama qu’Il allait devoir quitter de nouveau Aerynth, et que quatre des Titans survivants iraient avec Lui dans son Saint Refuge. Il accorda la gouvernance d’Aerynth aux Fils des Hommes, Ses vrais héritiers. La Grande Alliance fut déclarée éternelle et à tout jamais, et le Royaume d’Ethyria fut rebâti, avec Ivard Kandorian pour premier Roi. Le Père de Toute Chose alors s’en alla, laissant Ses enfants à leur destinée. L’Age des Jours venait de s’achever, et commença l’Age des Rois.

Les Nouveaux Royaumes avaient tous été brisés, comme l’avait été l’Empire Immortel des Elfes. Le Blond Peuple se retira pour pleurer ce qu’il avait perdu, alors que l’Humanité se mit à reconstruire. Ethyria, en dépit de ses débuts glorieux, ne dura guère. Les Bardes chantent toujours en ballade l’histoire du Roi Konwyn, le septième Roi d’Ethyria, et de la Sottise de Konwyn. Pour l’amour d’une femme, le Roi trahit ses compatriotes, et se querella même avec sa propre famille et ses plus proches fidèles. Le désir de Konwyn plongea tout Ethyria dans le Chaos, et mit un terme à la lignée de Kandorian. Quand enfin les guerres s’arrêtèrent, Ethyria n’était plus. A sa place se tenaient dix nouveaux royaumes: les royaumes d’Alvaetia, Brethild, Carloon, Caledorn, Escalandor, Ghand, Lambourn, Melvaunt, Sorwenfells, et Vanderlund. Certains disent que les Ethyri avaient gaspillé leur grandeur, et souillé les dons que le Père de Toute Chose nous avait accordés. Ce n’était pas le cas. Notre puissante race ne fit que s’assoupir, rêvant de gloires futures, d’un temps où les Dix Royaumes à nouveau ne feraient plus qu’un.

Les siècles ont passé, et les Fils des Hommes ont atteint de nouveaux sommets de gloire. Nombre d’Arts Arcaniques furent redécouverts, et bientôt les terres clamées par les Hommes s’étendirent plus vite que le tracé même de leur carte. Et pourtant les conflits continuaient d’empoisonner les Fils des Hommes, car les Nations qui naquirent des Titans semblaient condamnées à poursuivre les querelles de leurs pères pour l’éternité. Les Hommes du Nord Glacé pillaient les Hommes des Dix Royaumes, qui à leur tour menaient de longues guerres contre les Irydnu et les Cités Libres de Tariponto. L’Eglise du Père de Toute Chose, qui avait jusque là existé comme deux entités séparées chez les Elfes d’un côté et les Humains de l’autre, fut finalement unifiée, et au commencement de l’Age des Rois, un Prélat Humain prit la juste place de Patriarche de tous les Fidèles. L’Eglise crût effectivement en puissance, répandant ses messages de paix et de fraternité, qui éclipsèrent toutes les autres professions de foi. L’Age des Rois fut un temps de merveille et de gloire, un millier d’années de légende qui s’acheva sur un siècle de tuerie. Et avec sa fin vint la brisure d’Aerynth, et mourut le temps de la Grandeur.

Le temps est enfin venu de vous parler de la Guerre des Larmes, et de la venue du Haut-Roi. Vous connaissez déjà la plus grande partie de l’histoire, j’en suis certain, car elle fait partie de la légende. Et pourtant, les vers du harpiste peuvent brouiller l’image des exploits passés, et parfois le passé ne peut être vu qu’au travers des yeux d’un Chroniqueur. Ecoutez, donc, les témoignages qui nous restent, et apprenez.

Bien qu’innombrables sont les sagas narrant la traîtrise des Elfes et leur brutalité durant la Guerre des Larmes, il ne faut pas oublier que le Royaume d’Ethyria et les Dix Royaumes qui lui succédèrent vécurent en paix avec la race Elfique pendant près d’un millier d’années. En effet, des liens d’échange et de commerce liaient les Dix Royaumes et la Cour Cachée, un tel accord n’ayant pas été vu depuis la chute d’Ardan. Alors que cet Age tirait à sa fin, cependant, de nouvelles tensions menaçaient cette amitié fragile.

A l’aube du neuvième siècle de l’Age des Rois, le Portail du Chaos s’ouvrit pour la deuxième fois, vomissant Morloch le Dieu Déchu, et des hordes d’Orcs et d’Ogres, ses Enfants Corrompus. Une fois que cette menace sur le Monde fut révélée, les Fils des Hommes combattirent au côté des Elfes une seconde fois, dans ce que l’on appellera la Guerre des Cendres, unis contre le Chaos. Le Dieu Mutilé était un terrible ennemi, et porta la ruine où qu’il allât, mais finalement, Torvald le Titan vint du Nord et se joignit à certains de ces Elfes redoutables que l’on appelle Sidhe, pour affronter Morloch au combat. Les cicatrices que cette bataille a laissées au monde brûlent encore, disent les légendes, et enfin Morloch fut vaincu. Avec la chute de leur maître, les Orcs et les Corrompus n’étaient pas de taille face aux armées des Elfes et des Hommes. La victoire vint enfin, et avec elle, la paix. Et pourtant cette grande paix n’était qu’illusion, car un orgueil primaire rongeait toujours le cœur des Elfes.

Au cours de la neuf cent treizième année de l’Age des Rois, tout Aerynth résonna alors d’une grande nouvelle. Une grande célébration devait en effet avoir lieu, commémorant la millième année de la Grande Alliance. Là, au cours d’un banquet de l’amitié, mourut l’amitié entre Elfes et Hommes, à jamais. Le grand banquet avait lieu à Mellissar, capitale d’Alvaetia, la plus grande et la plus puissante des nations des Dix Royaumes. Là vinrent les Dix Rois, les Seigneurs des autres nations Humaines, les Princes des Centaures, l’Elfe-Roi dans toute sa splendeur, et même les Chefs des Géants. Tous se rassemblèrent pour la première fois depuis des siècles, pour festoyer, célébrer, et commémorer le passé. Au cours de la quatrième nuit du banquet, le Roi Konrad d’Alvaetia porta un grand toast devant tous les convives. Les Bardes s’en souviennent comme de la Fanfaronnade de Konrad, un discours qui ferait saigner les Dix Royaumes.

"Grands et merveilleux invités," commença le Roi, "je vous souhaite la bienvenue, au nom de la Paix et de la Fraternité, en ma cour. Il n’est que juste en effet, que ce soit ici que se réunisse une si grande assemblée, ici, dans le plus puissant royaume des Hommes, à qui le Père de Toute Chose a accordé l’empire sur tout Aerynth." A ces mots, disent les légendes, des murmures s’élevèrent parmi tous les convives, Elfes, Centaures, et même les Hommes de l’Etranger. Mais le Roi Konrad continua.

"Nous, les Enfants des Titans, n’avons peut-être pas été bénis de longues et glorieuses histoires comme celles que certains de nos alliés chérissent tant: nous sommes, en effet, un peuple jeune. Mais le Temps et la Destinée nous ont accordé une sagesse qui dépasse nos courtes années – car en vérité, de tous les Enfants du Monde, les Fils des Hommes ont eu à subir plus de difficulté et de souffrance que tout autre peuple. Ainsi notre vigueur sera à jamais tempérée par notre sagesse, et nos souvenirs de la guerre assureront la paix à jamais."

A cet instant, Valdimanthor et tous les émissaires Elfiques s’assirent, et renversèrent leurs coupes. Dans la grande agitation qui suivit, Valdimanthor ne parla qu’une fois.

"La souffrance, dites-vous? Dis moi, mortel, te souviens-tu de l’éveil du Dragon?"

Au matin, Valdimanthor le Roi des Elfes avait quitté le festival, et en moins d’un an, commença la Guerre des Larmes. Les armées Elfiques menées par Valdimanthor surgirent de l’ombre des forêts, renforcées par des légions d’horribles Minotaures. Les Royaumes entiers d’Escalandor et de Ghand furent consumés par la colère Elfique, et le reste des Dix Royaumes ne fit guère mieux. Les Dix Royaumes au complet auraient pu tenir tête à l’offensive Elfique, s’ils combattaient ensemble, mais chaque Roi ne voyait que profit dans la destruction de ses voisins. Et ainsi, pendant des décennies, les Elfes ravagèrent les terres des Hommes. Finalement, quand le Roi Konrad fut tué ainsi que tous ses fils, l’armée Elfique rentra dans sa forêt, leur fierté vengée. Le terrible conflit aurait dû pousser les Fils des Hommes à l’action, mais l’avidité et les espions Elfiques assurèrent que les Dix Royaumes ne commettraient aucunes représailles. Tous les petits Ducs et Barons se ruèrent pour récupérer le trône d’Alvaetia, incités en cela par des conseillers imposteurs, ou la pure cupidité. Deux frères Chevaliers combattirent pendant des décennies, entraînant le reste des Dix Royaumes dans leur querelle. Les restes d’Ethyria furent consumés par les conflits, et noyés dans le sang, jusqu’à la venue de Cambruin, le Haut-Roi.

Né d’une famille de la basse noblesse du Royaume de Caledorn, le sang des Rois coulait dans les veines de Cambruin, car il était de la lignée de Kandorian, le dernier véritable héritier des Rois d’Ethyria. La vertu de Cambruin, et sa force aux armes, lui valurent la célébrité à travers tout Caledorn. Quand le Royaume de Brethild démarra le siège de Caledorn, les tactiques audacieuses de Cambruin sauvèrent son pays. Alors âgé de seulement dix-sept ans, Cambruin repoussa seul les armées de l’Envahisseur Brethildi, et sa renommée fut dès lors assurée. Essengal, le Roi de Caledorn, abdiqua, offrant comme récompense sa couronne à Cambruin. Certains disent qu’Essengal avait reçu la visite d’Archons qui lui avaient prédit la gloire future du jeune homme. Après le couronnement de Cambruin, d’anciens documents furent découverts, prouvant que Cambruin était vraiment de la Lignée Kandorienne, et le mot se répandit vite à travers les Dix Royaumes que Cambruin était l’élu du Père de Toute Chose, l’instrument du salut de l’Humanité. Le jeune Roi proclama que le moment était venu pour Ethyria de se relever une troisième fois, et il prit le Lion d’Or d’Ethyria pour lui servir d’armoiries. Des Chevaliers sans nombre se rallièrent à la bannière du jeune Roi, et les Rois de Brethild, d’Escalandor et de Ghand nommèrent Cambruin leur suzerain. Il y en avait beaucoup, cependant, pour critiquer ce petit parvenu, et ils se rassemblèrent alors pour lancer une grande guerre contre lui.

Cambruin et son armée de Champions menèrent une guerre brutale et rapide, dont les Bardes se souviennent comme du Tournoi des Sept Couronnes. Aucun des autres Rois Humains ne pouvait espérer surpasser Cambruin, qui vainquit finalement ses ennemis lors de la Bataille de la Colline de Saint Wend. Cambruin fut couronné Haut-Roi, et sous son règne, les Dix Royaumes devinrent le Haut-Royaume. Clément avec ses ennemis, Cambruin apporta plus qu’une simple armée aux terres conquises: il amenait avec lui la Loi, l’Ordre et la Justice. Les gens du commun l’aimaient, et seuls les plus petits seigneurs de guerre le craignaient. Le Code que dicta Cambruin est toujours considéré comme le pinacle de la Chevalerie et de la décence parmi les Hommes. Ainsi les Ethyri récupérèrent leur ancienne gloire, et le Haut-Royaume brilla alors sur le Monde comme le Royaume le plus juste.

Le Haut-Royaume fut durement mis à l’épreuve, et mena des guerres contre les Orcs, les sauvages Nordiques, et même les Hommes des terres lointaines. Cambruin fut toujours victorieux cependant, jusqu’à ce que la Guerre des Larmes ne s’achève au cours de la dixième année de son règne. Cambruin envahit en effet les forêts Elfiques, tentant de récupérer les larges portions d’Escalandor et de Ghand qui avaient été conquises au commencement de la guerre, mais il fonçait tout droit dans un piège. Pendant vingt années Valdimanthor avait attendu, rassemblant ses forces, et il avait observé avec mépris l’ascension du Haut-Roi. Des légions d’Elfes et de Minotaures massacrèrent les armées de Cambruin, alors que des sorts puissants semaient terreur et désastres à travers tout le Haut-Royaume. Cambruin et ses Champions parvinrent à s’échapper des mâchoires du piège de Valdimanthor, mais ils ne pouvaient vaincre l’armée qui à présent envahissait de nouveau les terres des Hommes, et dans les années qui suivirent, il sembla que la gloire de Cambruin était condamnée à disparaître, tel un rêve avorté. Mais l’Humanité avait déjà évité la cruelle main du Destin auparavant, et le règne du Haut-Roi était loin d’être terminé.

Juste au moment où l’issue semblait des plus sombres, Caeric Marteau Noir, le légendaire Premier Paladin, accomplit la Seconde Quête de l’Epée, et porta Shadowbane aux mains du Haut-Roi Cambruin. Le Haut-Roi rencontra Valdimanthor en combat singulier au cours de la Bataille du Champ de Rennelind, et il le tua à l’aide de la puissante lame. Le cours de la Guerre des Larmes changea brutalement après ce simple coup. Alors que périssait Valdimanthor, ainsi moururent les pactes magiques liant Elfes et Minotaures, et le morale de l’armée Elfique fut brisé. Au cours des longues années qui suivirent, Cambruin et ses Champions fêtèrent victoire sur victoire, et se taillèrent un chemin jusqu’au cœur des terres Elfiques.

Mais alors même que les ennemis Elfes du Haut-Roi tombaient en masse, de nouveaux périls menaçaient le Haut-Royaume. La sainte vocation de Caeric le Paladin offensa de nombreux Chevaliers plus matérialistes, et les querelles entre les Chevaliers de l’Echarpe et quelques-uns des plus matérialistes des Champions empoisonnèrent la cour du Haut-Roi. La Sainte Eglise, qui s’était pourtant hâtée de couronner Cambruin, devint nerveuse une fois que Shadowbane atterrit entre les mains du Haut-Roi. Craignant que la gloire de Cambruin ne puisse éclipser celle du Patriarche, l’Eglise retira son soutien de la Guerre des Larmes, et offrit même asile à nombre d’Elfes. Les contrebandiers Tariponti, les hordes Nordiques, les Orcs des étendues sauvages, et même les mystérieuses Amazones, tous se hâtèrent d’attaquer les flancs découverts du Haut-Royaume, alors que Cambruin était en campagne au loin. De fourbes complots nés de la jalousie faillirent diviser la cour, et la Reine Bronwyn elle-même fut accusée d’Envoûtement et de Sorcellerie. Et pourtant, quelle que soit la situation, Cambruin surmontait toutes les épreuves, toutes les difficultés. Sa volonté et sa vertu mirent en rang les Chevaliers et les Champions querelleurs, et sa puissance militaire repoussa toute invasion. L’innocence de la Reine fut démontrée, ses fausses victimes punies, et finalement, après une décennie à être distraits, Cambruin entreprit son ultime campagne contre la Cour Cachée. L’Empire Elfique était mourant, mais les pires ennemis de l’Humanité avaient encore une dernière traîtrise à accomplir. De même qu’avec Ardan et avec Beregund, les Elfes firent tomber Cambruin par la trahison. On murmurait que les prisonniers capturés à la bataille empoisonnaient le cœur et les oreilles de l’un des Champions, l’emplissant de mensonges et de promesses, et ainsi, l’un des Champions livra son Roi à une mort certaine.

Qui était ce Traître? Pas même les plus sages des érudits ne peuvent répondre avec certitude: le tumulte du Tournant et la Brisure d’Aerynth n’ont laissé que peu d’indices. Saint Malorn du Temple de la Flamme Purificatrice affirma que le Traître était Sire Sesherin, l’Aelfborn qui retourna sa veste pour ensuite devenir l’un des Champions de Cambruin. Le Saint Vivant prétend avoir assisté au meurtre, et a proclamé que le sang Elfique de Sesherin ne pouvait supporter la mort définitive de son véritable peuple. Plus d’un critique du Temple a suggéré que c’était Sire Malorn lui-même qui aurait accompli cet acte ignoble, craignant que Cambruin ne proclame une trêve avant que ne meurt le dernier Elfe. D’autres ont avancé le nom de Sire Hurrigan le Chasseur, qui avait renoncé à sa vocation de Rôdeur pour rallier la bannière du Haut-Roi. Hurrigan, murmure-t-on, aurait craint que la soif de sang de Cambruin ne soit pas assouvie avant la destruction complète de la Cour Cachée, et il aurait tué Cambruin pour empêcher une croisade sans fin contre tous les Enfants du Monde. Nombre d’autres Chroniqueurs ont quant à eux cherché à prouver la culpabilité de Sire Eric. Eric était le fils d’Essengal, le précédent Roi de Caledorn, et sa sœur Essenmay fut forcée d’épouser Cambruin qui la négligea en faveur de Bronwyn. Ces érudits (la plupart travaillant, il faut le noter, pour d’actuels rivaux d’Eric) ont cherché loin pour prouver que c’était Essenmay, la sœur d’Eric, qui lança les viles rumeurs qui culminèrent avec l’accusation et le procès de la Reine Bronwyn, et que Eric avait tué Cambruin pour récupérer son droit d’héritier. Certains ont même déliré, prétendant que le meurtrier de Cambruin n’était pas du tout un mortel, mais en fait Morloch le Destructeur, qui prit magiquement l’apparence de l’un des Champions pour tenter de voler Shadowbane. Si c’était effectivement le cas, la force même du Déchu l’aurait trahi. Tous ceux qui sont actuellement accusés du vil forfait nient l’avoir commis, bien que nombre d’entre eux soient aux premiers rangs dans la lutte pour visant à récupérer la couronne de Cambruin.

L’identité du Traître peut ne jamais être découverte, et finalement, cela peut très bien ne même pas être important. Un seul fait est connu pour certain, et ne peut être oublié: au jour de sa plus grande victoire, Cambruin mourut de la pointe de Shadowbane. Ainsi s’acheva l’Age des Rois, et ainsi commença celui du Tournant.

Des montagnes alors furent abattues, des mers apparurent, et des royaumes entiers disparurent, alors que des fragments complets du Monde furent projetés dans le Vide. Le Soleil s’assombrit, la Lune se figea en pleine lune, et la voix du Père de Toute Chose se fit muette. Près d’un siècle a passé depuis ce sombre jour, une époque de chaos que les Erudits ont appelé l’Age des Conflits. Au commencement du Tournant, l’Humanité découvrit alors une certaine forme d’immortalité, car les morts désormais reprenaient chair auprès des Arbres de Vie. Le Haut-Royaume fut brisé, et les Dix Royaumes originaux furent brisés eux-aussi, leurs terres divisées en vastes fragments dispersés dans le Vide. Tout ce qui reste, ce sont les Petits Royaumes, des douzaines de petits Etats dirigés par des Guildes ou des Seigneurs de Guerre, chacun luttant contre les autres pour la suprématie totale. Les Fils des Hommes sont à présent aussi divisés que leur Monde – les Irydnu font la guerre aux Petits Royaumes, les Horwathi pillent avec un sauvage abandon, et des bandes guerrières de pillards Nordiques ont repris l’offensive. L’Eglise du Père de Toute Chose trembla sous les schismes, et le nouveau Temple de la Flamme Purificatrice s’est lancé dans une croisade pour détruire tous les êtres faibles et maléfiques. L’Humanité se trouve aujourd’hui à un grand carrefour – l’œuvre des Titans et de Cambruin sera-t-elle perdue dans une frénésie de destruction, ou de nouveaux Héros surgiront-ils pour apporter l’Ordre dans ce Chaos? Seul le temps nous le dira.

Ainsi donc, votre grâce, vous en savez à présent beaucoup sur l’Histoire Humaine; les gloires que nous gagnâmes, les Royaumes que nous bâtîmes, et les tragédies que nos ennemis ont semées contre nous. Certains ont prétendu que tout Espoir était perdu depuis le Tournant, et que l’ultime Fin de ce Monde est à portée. Je répondrai que non. Les Fils des Hommes ont affronté de cruelles pertes par le passé, et enduré des épreuves sans nombre. Chaque fois nous avons vaincu nos ennemis, et atteint de nouveaux niveaux de civilisation. Votre sang est de la race des Ethyri, et il n’est guère loin de celui des Hommes glorieux qui marchèrent sur les terres Bénies d’Ardan. Prendrez-vous Couronne et Epée, pour défaire la honte qui s’est abattue sur votre peuple et votre Monde?




 



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