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Attributs de Départ
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Force: |
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40 (max 90) |
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Patron: |
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Le Dragon, Terreur des Terreurs
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| Dextérité: |
55 (max 130) |
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| Constitution: |
40 (max 90) |
Taille: |
1.95m - 2.25m ( hommes) |
| Intelligence: |
45 (max 115) |
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1.85m - 2.15m (femmes) |
| Esprit: |
30 (max 85) |
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Spécialisation de Classes disponibles
- Assassin
- Barde
- Canaliseur
- Eclaireur
- Guerrier
- Sorcier
- Voleur
Autrefois la quatrième grande nation Elfique,
les Irekei sont identiques aux Elfes par leur physiologie.
Cependant, si on les examine de plus près,
quelques différences apparaissent. Bien que
tous les Irekei aient la même fine stature,
les mêmes oreilles pointues et les mêmes
grands yeux que les Premiers Nés, leur corps
est plus mince et plus sec, couvert de muscles bien
entraînés. Les traits Irekei sont durs
et anguleux, constituant un contraste saisissant avec
la douceur du visage Elfique. En conséquence
de quoi les Irekei, bien que moins agiles que les
Elfes, sont à la fois bien plus forts et endurants.
La vie dans le désert les a dotés de
quelques autres caractéristiques uniques. La
brutale exposition à la lumière du soleil
du désert a affaibli leur vision nocturne,
bien que leur ouïe reste au niveau de celle des
Elfes. Les Irekei ne transpirent pas, et leur corps
dégage bien plus de chaleur que celui des autres
peuples du Monde. Le contact brûlant de la peau
d'un Irekei ne trompe pas: même si leur nature
cruelle ne leur avait pas conféré le
surnom d'"Hommes Démons", leur toucher
brûlant l'aurait quant à lui certainement
fait.
La plus grande différence entre les Elfes
et les Irekei est aussi la plus visible. Là
où les Elfes sont blonds et pâles,
avec une légère teinte de bleu, de
vert ou de brun, la peau d'un Irekei est sombre,
et leur pigmentation crue et intense. Les teints
de peau Irekei varient du rouge sang au noir de
jais en passant par le pourpre, avec des cheveux
variant du blanc pâle au noir ébène
en passant par le blond or. Les Irekei détestent
les tatouages et refusent d'abîmer délibérément
leur peau, bien qu'ils arborent avec fierté
toutes les cicatrices qu'ils auront gagnées
au cours d'un duel ou dans la bataille. Le visage
des Irekei est dur et sévère, car
ils ne sourient que rarement.
La vie dans le vaste désert a, elle aussi,
laissé son empreinte sur la culture Irekei.
Habitués à la vaste ligne d'horizon
des étendues sableuses, ils deviennent très
nerveux dans les lieux clos. Les forêts les
mettent mal à l'aise, et les vastes étendues
d'eau les terrifient. La chaleur du désert
a appris aux Irekei à économiser leur
énergie et leur force: tous les Hommes démons
agissent avec une grande économie de mouvement,
refusant de gaspiller le moindre geste. Quand l'action
devient nécessaire, les Irekei se meuvent
alors à une vitesse surprenante, sans geste
inutile, et avec une grande intensité. Même
au repos, les Irekei dégagent une aura de
menace, une sorte d'action furieuse retenue par
une intense concentration. Quand ils traitent avec
des fir'khanim (littéralement, "Ceux
qui saignent de pluie", terme générique
employé pour désigner tous les êtres
assez faibles pour gaspiller l'eau à travers
leur sueur), les Irekei restent stoïques, et
tendent à ruminer et à jeter des regards
mauvais.
Tout comme brûlent la Flamme et le Soleil, de
même le devons nous. Faire moins signifierait
mourir." Cet ancien proverbe Irekei est au cur
de la culture et de la philosophie Irekei. Dans les
étendues arides, la vie est un perpétuel
combat, et seuls ceux qui sont assez mobiles pour
se nourrir, et assez brutaux pour piller, peuvent
nourrir l'espoir de survivre. Le fort doit faire sa
proie du faible, et le faible doit être intelligent
ou rapide s'il veut échapper à la mort.
Etre faible, c'est mourir les Irekei mettent
donc rigoureusement à l'épreuve leurs
enfants après la naissance, et tous ceux qui
ne les réussissent pas sont abandonnés
dans le désert. Les incessants conflits entre
les tribus Irekei, et la continuelle menace des prédateurs
du désert, ont donné naissance à
une culture brutale et militariste. La plupart des
Irekei sont des Guerriers, et tous les enfants Irekei
apprennent les bases du maniement de la dague et du
couteau avant même d'apprendre à parler.
Même si les Irekei ne se considèrent
plus comme des Elfes, ils ont toujours cette arrogance
propre aux Peuples Elfiques. Il leur arrive ainsi
de pousser l'attitude hautaine des Elfes jusqu'aux
pires extrêmes. En effet, du point de vue
des Irekei, les Fils de la Flamme vivent dans le
désert non seulement parce qu'ils y furent
forcés, mais aussi parce qu'ils le choisirent.
Alors que la plupart des Enfants du Monde évitent
les déserts, les Irekei y vivent de leur
plein gré, permanent témoignage de
leur force et de leur supériorité.
Car quand reviendra le Dragon, seul le plus fort
échappera à sa colère
tous les Irekei croient ainsi que leur plus haut
devoir est de prouver leur valeur. Chaque jour donc,
le désert met leur force et leur volonté
à l'épreuve et si les Irekei
venaient un jour à vivre dans les Terres
Vertes, ils deviendraient certainement aussi douillets
et faibles que tous les autres peuples du Monde.
Le concept de khar'ika est central dans la pensée
Irekei. Le terme de khar'ika est intraduisible dans
une langue non-Irekei (y compris l'Elfique): "feu
de l'âme", "sang" et "endurance"
sont toutes des traductions valides, mais incomplètes.
La khar'ika est la flamme du Khalikryst, le feu
sacré qui a transformé les Irekei
de l'état d'Elfe à celui d'être
supérieur, et la réserve de force
et d'endurance dans laquelle les Irekei puisent
pour survivre à tout prix. La bataille et
les épreuves d'endurance peuvent accroître
la khar'ika d'un Irekei, la faisant brûler
plus intensément, alors que la mort cherchera
sans cesse à étouffer cette khar'ika
(depuis le Tournant cependant, la mort diminue le
feu de l'âme, mais ne l'éteint plus).
Les non-Irekei n'ont pas cette flamme dans leur
âme, leur chair est froide et leurs corps
sont faibles. Bien que la plupart des Irekei préfèrent
combattre avec des lames au tranchant recourbé,
certains Guerriers suivent la Voie de Lumière
à la place. Ces Guerriers, appelés
Danseurs du Soleil, combattent sans aucune arme,
utilisant leur khar'ika pour faire de leurs seuls
poings nus des armes mortelles.
Les Irekei sont nomades par nature, allant d'oasis
en oasis, et de ruine en ruine. Tous les Irekei
sont membres d'un Virakt, une tribu composée
de plusieurs clans et familles. Le lien qui existe
entre les membres d'une même tribu est le
plus puissant des liens caractérisant la
culture Irekei aucun Homme Démon ne
blessera ou ne trahira un membre de son Virakt.
La plupart des tribus (en Irekei, le pluriel est
Virakt'al) n'ont qu'une douzaine de membres, bien
que les plus grandes tribus comptent des milliers
d'individus. Chaque Virakt a ses propres alliés
et ennemis de sang parmi les autres Virakt'al, bien
que la structure du commerce, des mariages et alliances,
des amitiés et des vendetta, change constamment,
telle les rides sur une dune de sable. Tout Virakt
survit aussi par le biais du pillage, volant des
marchandises et faisant des prisonniers parmi tous
ceux qui sont plus faibles qu'eux. Les marchandises
sont ensuite consommées et les captifs forcés
à servir comme Jov'uus, ou esclaves. Seuls
les fir'khanim sont gardés comme esclaves
tout vrai Irekei préférerait
mourir qu'être asservi. Les Irekei construisent
de grands bâtiments fait de pierre du désert,
soigneusement gravés de runes complexes et
ornés de fines décorations. Autour
de ces structures s'étend un vaste réseau
de toiles de canevas ou de soie, et les Irekei des
castes inférieures y vivent dans de grandes
tentes. D'anciennes ruines Elfiques, vestiges du
Royaume du Crépuscule, surgissent du sable
du désert ici ou là, et sont considérées
comme sacrées par les Irekei, et elles forment
le noyau de toutes les cités des Hommes Démons.
Les peuples du Monde extérieur croient que
les Irekei sont tous des barbares sauvages et vicieux
qui mangent la chair de leurs ennemis et boivent
leur sang. Bien que la plupart de ses histoires
ne sont qu'exagération (si ce ne sont pas
de simples mensonges), la vérité derrière
tout cela est que les Irekei sont en fait dotés
d'une culture très avancée, riche
en histoire, folklore et en art. Il existe une égalité
réelle entre hommes et femmes chez les Irekei,
car quiconque parvient à prouver sa valeur
sous le Soleil brûlant est digne de respect
et du pouvoir. La poésie, l'art de la narration
et la musique viennent facilement aux Irekei, et
leurs festivités sont choses merveilleuses.
Chez les Irekei, un protocole rigide ainsi qu'un
système d'étiquette très élaboré
régit tous les aspects de la vie, du simple
salut à la déclaration de guerre.
Tous les Irekei développent un sens aigu
de ce qu'est l'honneur, qu'ils considèrent
comme résultat de la khar'ika. Enfreindre
la coutume ou violer la tradition est une preuve
de faiblesse, et montre que l'on est indigne de
suivre la voie de l'Irekei: c'est là un destin
que tous les Hommes Démons considèrent
comme absolument impensable. Bien sûr, il
va sans dire que les fir'khanim ne méritent
pas de courtoisie d'aucune sorte. Toute ruse, tromperie
ou brutalité est acceptable, tant qu'elle
est dirigée contre ceux qui saignent de pluie:
effectivement, la tromperie et la cruauté
sont considérés comme des façons
honorables de traiter les faibles.
La guerre est la seule circonstance durant laquelle
les contraintes de l'honneur sont mises de côté
entre Irekei. La Khan'jallakar, ou Guerre du Sang,
est l'une des plus anciennes traditions Irekei.
Les guerres ne doivent pas être confondues
avec les duels: dans les cités Irekei, les
combats à mort entre Guerriers sont fréquents,
et régis par des règles strictes.
Des insultes ou des crimes perpétrés
contre un Virakt peuvent, sous certaines conditions
(qui sont, là encore, soigneusement décrites
par la tradition) déboucher sur une Khan'jallakar.
Il y a des rituels précis destinés
à déclarer une Guerre du Sang, mais
une fois qu'elle est déclarée, il
n'y a plus aucune règle, et le conflit devient
aussi sanglant qu'aucun raid contre les Terres Vertes,
si ce n'est pire. Des Virakt'al entiers ont ainsi
disparu suite à des Guerres du Sang, bien
que ces dernières ne finissent pas toujours
cruellement. D'habitude, quelques mois après
la fin d'une Guerre de Sang, les deux tribus se
considèrent à nouveau d'un point de
vue neutre, restaurant le commerce entre elles et
pouvant même devenir alliées par la
suite. Pour les Irekei, la Guerre est donc un passionnant
divertissement, tout comme le vin ou les chansons,
qui doit être savourée jusqu'au bout,
pour ensuite être mise de côté
avant qu'elle ne vienne à détourner
des impératifs de survie. Depuis le Tournant,
les Guerres de Sang entre Irekei ont perdu en férocité,
alors que le nombre de celles qui ont été
menées contre les fir'khanim a augmenté
de façon spectaculaire.
Regarde, petit, regarde vers lEst. Dans cent
battements de cur Krykhalin, le Soleil Sacré
se lèvera, et il nous baignera alors de sa
radiance. Il nen fut pas toujours ainsi cependant.
Il fut un temps où le Monde était
baigné dans la Nuit Eternelle, et où
tout ce qui vivait était alors aussi froid
que le sable sous nos pieds. Il fut un temps où
notre peuple, Ceux qui Endurent, était aussi
froid et faible quune brise nocturne, et aussi
vide que le Ciel. Aujourdhui tu es Urikhan,
et le Feu Sacré dans ton sang dort toujours.
Bientôt tu endureras lEpreuve, et si
tu ten montres digne, ta Kharika senflammera,
et tu seras transformé comme le fut tout
notre peuple jadis. Ce jour-là tu rejoindras
les Irikhan, et les Irekei connaîtront un
nouveau frère.
Voilà! Le Soleil se lève! Regarde
dans son il brûlant, petit, et naie
pas peur. Sans la lumière et la chaleur du
Soleil, les Déserts sont vides, froids et
dénués de beauté. Sous sa lumière
ils brûlent. Puisque le Soleil brûle,
nous de même. Moins que cela revient à
mourir. Si tu passes lEpreuve, si tu dois
brûler, tu apprendras alors comment. Tu dois
te connaître toi-même, savoir qui tu
es, et pourquoi. Aujourdhui tu apprendras.
Que le Soleil soit ton premier professeur. Regarde
dans cette flamme, et sens sa chaleur, et souviens-toi
toujours que tu es né de ce feu. Cette flamme,
et la Terreur qui lembrasa, conféra
Force à nos corps et Sagesse à nos
âmes. Les Saigne-Pluie, les firkhanim,
ne peuvent regarder le Soleil, le palais de notre
Mère. Leurs yeux saignent de leau et
sont aveuglés, leur peau rougit et brûle,
et leurs esprits déclinent et sévanouissent.
Mais tu es né Irekei, né pour endurer.
Tu as regardé, à présent écoute.
Au commencement de toute chose vint le Temps des
Ténèbres, quand il y avait deux Lunes
et aucun Soleil. Le Monde entier était couvert
de Bois et dEau, car les Déserts nétaient
pas encore nés. Les ancêtres de ceux
qui transcenderont, les Inachevés, vivaient
alors dans les ténèbres, prisonniers
de lignorance. Cela aurait éternellement
duré si notre Père, Kryquokhalin,
la Sainte Source du Soleil, navait pas entendu
les voix des Odieux qui chantaient. Leur arrogance
tira la Terreur de son sommeil, et le Dragon séveilla,
et punit lindigne. Le Monde trembla alors,
des armées entières périrent,
et les tours cristallines des Odieux se fendirent
et seffondrèrent. Dans leur ignorance,
les Odieux ne pouvaient comprendre la puissance
du Dragon, et en appelèrent à leurs
Dieux pour leur venir en aide. Il en fut un cependant
parmi les Odieux, qui était différent.
Darivastor était son nom.
Dis son nom, et souviens-t-en. Cest un nom
étrange, dur et alambiqué, comme tous
les noms quont les Odieux, mais celui-là
mérite notre respect. Alors que des légions
de guerriers pleuraient de terreur et se jetaient
au sol emplis de peur, Darivastor restait debout.
Quand le pouvoir du Dragon franchit le ciel et mit
un terme à la nuit éternelle, il rit.
Car les chaînes de son ignorance venaient
dêtre brisées, et dans la jeune
lumière née du Feu Draconique il vit
la véritable Sagesse. Voilà une chose
plus puissante que le Maléfique Empire des
Odieux, et plus puissante que leurs Dieux même.
Voilà en fait la véritable Puissance
de cet Univers, le Fléau qui avait consumé
le Monde avant le Temps des Ténèbres,
et qui un jour se relèverait à nouveau.
Seul parmi les Odieux, Darivastor regarda le Dragon,
sentit sa puissance et pouvoir de terreur, et il
endura. Le Dieu Ingérant et ses esclaves
combattirent de toutes leurs forces, mais ils ne
pouvaient blesser la Terreur. Le Kryquokhalin
créa le Soleil, puis rentra dans son antre,
et Darivastor sombra dans le désespoir alors
que se réjouirent les Odieux.
Le Temps des Ténèbres sétait
achevé, et la même flamme qui avait
engendré le Soleil Nouveau-Né toucha
le cur de Darivastor. Ainsi commença
le Temps des Braises, quand nos curs brillaient
de la kharika, mais les Irekei nétaient
pas encore nés. Darivastor le Seigneur Elfique
enterra sa nouvelle Sagesse profondément
tout au fond de son cur, car le temps de la
révéler nétait pas encore
venu. Avec le temps, les Odieux, divisés
par le chagrin et le désespoir, séparpillèrent
à la surface dAerynth, fuyant leur
peine et la lumière du Soleil, quils
étaient trop fragiles pour endurer. Les Enfants
du Soleil eux restèrent, endurant la chaleur
pour les protéger du retour du Dragon. Les
Odieux les baptisèrent les Enfants du Soleil,
ne se doutant pas un seul instant de la prophétie
cachée dans leurs mots. Darivastor était
le plus grand dentre eux, et commença
lentement à répandre sa révélation
parmi ses compatriotes. Beaucoup lécoutèrent,
et renièrent les Jeunes Dieux en faveur du
Dragon. Ceux dont les esprits étaient trop
faibles pour embrasser la vérité furent
détruits. Bientôt seuls ceux qui étaient
touchés par la kharika subsistèrent,
et leur peau rougit en même temps que les
terres autour deux. Alors que la sagesse du
Dragon avait illuminé leurs esprits, leur
chair était toujours faible, et donc les
Enfants du Soleil restèrent dans le cur
même des déserts grandissants, se renforçant
au travers de lépreuve. Nos anciens
se souviennent deux comme des Inachevés,
car leur long voyage vers la perfection venait à
peine de commencer.
La vie dans les Terres Brûlantes était
alors bien plus difficile quelle ne lest
aujourdhui, Petit, et nombre des Inachevés
ne survécurent pas à lépreuve.
Ceux qui réussirent furent forcés
dapprendre de nouvelles voies, car les faibles
traditions et la vie paresseuse des Odieux étaient
sans utilité sous lEnclume du Soleil.
Nous rejetâmes toutes les parures des Odieux,
élaborant et façonnant tout ce dont
nous avions besoin pour vivre dans le nouveau monde
né du Soleil, des lames jusquà
notre propre langage. Nous nétions
plus les Khalinviri, les Enfants du Soleil. Le peuple
de Darivastor se donna un nouveau nom: Irekei, Ceux
Qui Endurent. Et endurer ils durent, chantant les
prières du Dragon et du Soleil. Darivastor,
le premier et le plus grand des Prophètes,
mena les Elus loin sous la terre, à la recherche
du Dragon endormi. Ils découvrirent des barreaux
épais et des murs de métal solide
que même leurs plus puissants sorts ne pouvaient
détruire. Les Elus ne furent nullement découragés
cependant, et ils attendirent dans les ténèbres
un signe.
Leur attente fut longue, mais pas vaine: la Sainte
Source du Soleil nétait pas morte,
mais endormie dans son antre au cur du Monde.
Le Chasseur et le Dieu Ingérant ne furent
pas assez forts pour tuer le Dragon, et ne firent
que le blesser. Les Elus, dans leurs méditations,
commencèrent alors à entendre les
rêves du Dragon, et ceux qui ne sombrèrent
pas dans la folie au contact du Kryquokhalin
virent leur sagesse accrue mille fois. Ils apprirent
les secrets du Kharikryst, le Mystique Feu Sanglant,
qui avait tout autant le pouvoir de soigner et de
transformer que celui de détruire. Ils apprirent
aussi les sombres secrets dAges depuis longtemps
disparus, bien avant que le Dieu Ingérant
et la Déesse Mère ne marchèrent
sur Aerynth, quand le Monde était continuellement
consumé par le Feu et la Glace. Des visions
leur furent accordées du futur, du temps
de la Krykhanjallakar, la Sanglante Guerre
des Guerres de Sang, quand le Dragon séveillerait
des profondeurs, et où seuls les plus dignes
seraient épargnés. Ainsi les plus
grands mages Irekei reçurent-ils le nom de
Khanarchalarl, Prophètes du Sang, hérauts
du Dragon dont la sagesse a toujours guidé
notre peuple.
Les Prophètes du Sang émergèrent
de leur longue veille dans les profondeurs, et leurs
sorts puissants éveillèrent Khalikryst,
la Déesse Phénix, le Feu Changeant,
la terrible Dame du Soleil. La Fille du Dragon leur
apprit beaucoup, et les Irekei prospérèrent,
gagnant en puissance même au cur des
Terres Brûlantes. Et ainsi nous survécûmes
en des terres qui nétaient que mort
pour tout être vivant, apprenant les voies
du Draque, du Scorpion et du Serpent. Les Viraktal
errèrent dans les dunes, suivant le vent,
le gibier et leau, voyageant de Lieu Saint
en Lieu Saint, ruines anciennes où les Prophètes
du Sang gardent les chemins vers les Profondeurs.
Nos progéniteurs, les Odieux, nous oublièrent
rapidement, et nous vécûmes alors à
linsu de tous les Enfants du Monde. Nous navions
rien à faire de leurs voies, de leurs dieux
ou de leurs agissements, du moins jusquà
ce que ces agissements changent nos vies à
jamais.
Les Anciens récitent toujours les litanies
du Changement. En cette ère terrible, le
Dieu Ingérant, craignant notre force et la
puissance de notre Père, jeta de grands câbles
autour du soleil, et les attacha à un grand
attelage danimaux, qui le tirèrent
et le mirent en mouvement. Alors le premier et glorieux
Jour sacheva, et les Terres Brûlantes
furent plongées dans la Nuit. Ainsi le Dieu
Ingérant avait essayé de nous voler
notre Mère et sa sagesse. Les Irekei senragèrent,
et les faibles parmi eux furent emplis par la peur.
Ceux dont le sang était le plus chaud, cependant,
agirent rapidement. Darivastor lui-même et
les autres grands Prophètes tissèrent
de puissants sortilèges, projetant nos plus
grands Guerriers dans les cieux, où ils coururent
parmi les étoiles pour lutter contre le dessein
du Dieu Ingérant. Tu as entendu les chansons
de Trodralikar, le Guerrier Céleste, qui
chaque nuit tue les serviteurs de lIngérant
et ramène le Soleil dans le Ciel. Chaque
jour où dort le héros, un nouvel attelage
de bête revient pour à nouveau tirer
le Soleil. Et ainsi cela continuera-t-il jusquà
la Fin de Toute Chose, quand le Soleil ne bougera
plus.
Querelles et dissensions apparurent au sein des
Irekei, car la venue du Temps avait aussi un prix.
Au cours du Temps du Changement qui suivit, la mort
pouvait désormais survenir de vieillesse.
Certains Prophètes accusèrent alors
le Dieu Ingérant et les Odieux dêtre
à lorigine de cette malédiction,
alors que dautres clamaient quil sagissait
là dune nouvelle et grande épreuve
du Dragon pour ses enfants. La voix du Dragon est
subtile, et même les Prophètes peuvent
se tromper sur son interprétation. La séparation
du Jour et de la Nuit avait aussi rompu notre lien
avec Khalikryst, et sa voix se fit désormais
silencieuse. Les différences dopinion
devinrent dissensions, et des rivalités naquirent
les Guerres de Sang. Nombre dAnciens furent
tués, et leur sagesse perdue à jamais.
Une ère de héros, de conflits et dintrigues
sensuivit, alors que des Viraktal entiers
furent détruits. Les sables du désert
burent bien plus de sang que tu ne pourras limaginer,
Petit, et tu pourrais étudier avec les Sages
jusquà la fin de tes jours et ne jamais
apprendre les noms de tous les héros et tribus
qui combattirent et moururent en ce glorieux age.
Cela devait prendre un millier dannées,
mais les Irekei réussirent finalement la
grande épreuve que le Changement nous avait
imposée. Jallkroda le Seigneur de Sang
endura les ténèbres des Profondeurs,
déjoua les pièges et trappes des Pierres
Vivantes et amena un conclave entier de Prophètes
dans la chambre où Darivastor pour la première
fois entendit la parole du Dragon. Les Prophètes
appelèrent, et le Dragon séveilla
dans son sommeil, et il leur répondit. Une
grande vision emplit leurs esprits, et enfin ils
apprirent comment la Kharika pouvait être
engendrée non seulement dans leur âme,
mais aussi dans leur chair.
Jallkroda et les Prophètes émergèrent
à nouveau dans la lumière, et la nouvelle
de leur vision se répandit rapidement de
Viraktal en Viraktal. Des foules dIrekei
firent le voyage jusquau centre des Terres
Brûlantes, là où le Dragon émergea
pour la première fois il y a bien longtemps.
Jallkroda fut le premier à recevoir
le nom de Kryqhikhalin, maître de tous
les clans, et tous les Mages se rassemblèrent
pour jeter le plus puissant sort que notre Père
leur avait appris. Le rituel prit des jours et des
jours de préparation, mais quand il fut finalement
achevé, les chaînes qui entravaient
Khalikryst furent brisées, et la face du
Soleil sassombrit. La Déesse Flamme
quitta sa forteresse de lumière et redescendit
à la surface dAerynth. Là les
Irekei sagenouillèrent devant elle,
chantant leurs prières envers le Dragon,
et la vénérèrent. La Fille
du Dragon fut satisfaite, ouvrit grandes ses ailes
de feu et relâcha le Feu du Changement sur
les Inachevés. Leur sang se mit à
bouillir, leur chair durcit, et la kharika
en eux fut embrasée, pour ne jamais séteindre.
Quand les flammes séteignirent et que
les cendres retombèrent de leur corps, leur
peau était rouge comme le sang ou noire comme
lonyx. Les Inachevés venaient de disparaître
à jamais, et les Irekei enfin étaient
nés.
A présent tu connais la vérité:
le Soleil fut notre mère, le Dragon notre
père. Le feu quil relâcha sur
le Soleil fut ensuite sur nous relâché,
et même maintenant ce feu continue de sagiter
dans notre sang, Petit, attendant dêtre
libéré. La venue de Khalikryst mit
un terme au Temps des Braises, et commença
alors le Temps des Flammes, quand tout Aerynth devait
trembler face à notre rage. Jallkroda
et son peuple se réjouirent de leur transformation,
et se mirent immédiatement à luvre
pour élaborer un rituel plus grand encore
susceptible de tirer le Dragon de son sommeil et
lancer le Grand Incendie. Mais tout comme le Changement
dans le monde extérieur nous avait ébranlés,
notre transformation ne passa pas inaperçue
dans les terres Vertes. Les Odieux furent poussés
à laction par le Soleil assombri, et
leurs Mages découvrirent rapidement que quelque
chose dénorme était en train
de se produire. Les légions de lEmpire
Immortel se mirent en marche à la surface
dAerynth, avançant même jusquau
cur des Terres Brûlantes. Là
ils découvrirent la foule transformée,
en train de travailler diligemment à léveil
du Dragon. Ils hurlèrent de peur et bannirent
à jamais notre peuple de leur empire, manquant
de lintelligence nécessaire pour se
rendre compte que cest nous qui avions délaissé
notre ancien lignage. Irekei leur roi nous appela,
ce qui dans la langue des Odieux signifie «Parias.»
Et les Seigneurs du Sang rirent en entendant ce
nom, et louèrent les Odieux pour les avoir
nommés correctement.
Les Odieux avaient longtemps vécu dans lillusion
quils étaient le plus puissant des
peuples dAerynth, et bien quils sarrangèrent
pour se libérer du joug du Dieu Ingérant,
leurs esprits étaient toujours trop étroits
pour appréhender la puissance du Dragon ou
voir sa vraie sagesse. Une fois confrontés
à la force, perfection et majesté
des Irekei, ils éclatèrent de terreur
et denvie. Ainsi commença la Guerre
des Flammes, quand les Irekei nouveau-nés
combattirent des générations durant
les choses qui furent jadis leurs frères.
Nous avions enduré lépreuve
du Soleil et du Dragon pendant des siècles,
et les Irekei combattirent avec une force, une habileté
si mortelles quaucun Saigne-Pluie ne put les
égaler. Hélas, la vie facile dans
les Terres Vertes avait rendu les Odieux bien plus
abondants que nous limaginions. Chaque Irekei
valait deux Odieux, mais ils étaient trois
nations face à une. Les Prophètes
du Sang ravagèrent les armées des
Odieux avec la Magie du Dragon, invoquant des tempêtes
de sable et transformant les créatures du
Désert en terreurs ne vivant que pour le
massacre, et les Danseurs du Soleil bondissaient
au travers des averses de flèches et de lames
pour aller tuer leurs ennemis de leurs mains nues.
Et pourtant, en dépit de toute notre force
et habileté, nous ne pouvions gagner ce combat.
Par chance, tromperie et nombre élevé,
nos ennemis prirent le dessus, et les Viraktal
tombaient les uns après les autres face à
leurs sortilèges et leurs épées
scintillantes. Après des décennies
dun âpre combat, certains Irekei commencèrent
à perdre courage, et affirmèrent que
le Dragon avait abandonné ses enfants. Dautres
affrontèrent gravement leur destin, heureux
déchanger leur vie contre une douzaine
voire une centaine de vies ennemies. La Kharika
des Irekei brûla intensément, mais
il semblait certain quelle séteindrait
rapidement.
Il y en eut une cependant, parmi les Prophètes,
qui contempla les carnages de la Guerre des Flammes
et y trouva la véritable Sagesse. Elle sappelait
Preklabhar, la dernière survivante
des Prophètes qui avaient suivi Jallkroda
dans les ténèbres, et les légendes
racontent quelle apprit son art de Darivastor
lui-même. Preklabhar réalisa
que la Guerre des Flammes était, finalement,
une épreuve de force, la plus grande épreuve
que le Kryquokhalin avait jamais imposée
à ses enfants dadoption. Les Irekei,
intoxiqués par le pouvoir né de leur
transformation, avaient oublié quil
y avait toujours des choses plus fortes queux-mêmes.
Elle réalisa que la puissance, lhabileté
et la puissance ne seraient jamais suffisantes pour
vaincre les Odieux. Pour survivre, les Irekei devraient
se tourner vers le Dragon lui-même: avoir
la force donc dadmettre leur propre faiblesse.
Alors que les dernières batailles faisaient
rage à la surface, Preklabhar quitta
les champs de bataille sanglants et descendit dans
les cavernes les plus sombres, appelant le Dragon
à laide. Et ainsi la difficile épreuve
fut passée, car le Dragon séveilla
à nouveau, et souffla à la Prophétesse
le secret qui sauverait les Irekei de la destruction.
Les Saigne-Pluie napprirent jamais son nom,
mais Preklabhar leur donna une raison de la
maudire pour léternité. Les
visions du Dragon la guidèrent jusquau
Portail du Chaos, et lincantation que la Terreur
lui avait murmurée lui donna le pouvoir de
louvrir. La Prophétesse du Sang ouvrit
grand le Portail du Chaos, et les Seigneurs Ténébreux
qui attendaient de lAutre Côté
étaient plus quimpatients à
lidée de détruire les enfants
de lIngérant et lensemble de
sa création. Les armées innombrables
du Chaos déferlèrent alors du Portail,
corrompant tout ce quelles touchaient. Preklabhar
fut consumée par leur pouvoir, mais son sacrifice
assura la survie de son peuple. Les Seigneurs Ténébreux
ravagèrent tout Aerynth pendant près
dun siècle, et leurs hordes grouillantes
surpassaient en nombre les armées des Odieux
encore plus que les armées de ces derniers
navaient surpassé celles des Irekei.
Les Odieux furent repoussés, trop occupés
à défendre leurs patries quils
en oublièrent leur querelle avec les Irekei.
En échange de leur libération, les
Seigneurs Ténébreux épargnèrent
les Terres Brûlantes, et laissèrent
les Irekei tranquilles. Alors, les quelques Viraktal
survivants disparurent dans le Désert, et
éliminèrent silencieusement tout Saigne-Pluie
qui viendrait y chercher refuge. Nous retournâmes
donc à nos voies, et attendîmes notre
heure. Les Irekei avaient passé lépreuve
du Dragon, car en effet les plus forts, les plus
intelligents et les plus puissants des Irekei avaient
survécu à la Guerre des Flammes. Notre
peuple avait appris la patience: ce nest pas
à nous de réveiller le Dragon
jusquà ce que vienne le bon moment.
Petit, Je crois que ce moment est bientôt
arrivé. Tu auras peut-être le privilège
de vivre pour voir la Krykhanjallakar. Plus
dun millier dannées après
le sacrifice de Preklabhar, le sol a tremblé
et les tempêtes ont balayé les étendues
du désert. Un vent féroce sest
mis à souffler, éparpillant les tribus,
et la face du Soleil sassombrit. Les Seigneurs
Ténébreux furent repoussés,
et les Prophètes devinèrent bientôt
ce qui était en train de se produire: le
Tournant avait frappé Aerynth, et le globe
du Monde sétait brisé en nombreux
fragments. La malédiction du Temps disparut
aussi, et la mort néteint plus la Kharika
des Irekei tombés. Les morts à présent
reprennent chair, affaiblis mais le feu brûlant
toujours en eux. Nombreux sont ceux qui se sont
interrogés sur la signification de ces étranges
et nouveaux événements. Certains pensent
que le Dragon nous a bénis et quil
a pris aux Saigne-Pluie leur avantage du nombre.
Il y a aussi dautres nouvelles selon lesquelles
le Dieu Ingérant serait mort, et que tous
ses enfants vivraient à présent sans
sa protection. Certains clament que la Krykhanjallakar
est arrivée, et que les Viraktal doivent
sunir comme ils le furent jadis, pour finalement
envahir les terres de nos ennemis et prendre notre
revanche pour la Guerre des Flammes. Peu des Brandisseurs
dEpée ou des Seigneurs du Sang parviennent
à sentendre cependant, sur qui devrait
revêtir le titre de Kryqhikhalin. Les
Guerres de Sang de jadis ont recommencé,
pour déterminer celui qui serait le plus
fort pour revêtir la couronne de Jallkroda.
Et il y a encore dautres, étranges
nouvelles.
Jai entendu lhistoire dun étrange
et vieil Irekei, son visage horrible à contempler,
qui erre de Virakt en Virakt, répandant la
nouvelle que la Fin des Temps était arrivée.
Certains croient que ce soi-disant Prophète
Brûlé nest personne dautre
que Darivastor lui-même, revenu à son
peuple pour le guider vers la gloire, alors que
dautres laccusent dêtre
un escroc. Les histoires du Prophète Brûlé
sont en effet de sombres nouvelles. Il prétend
que le Dragon ne dort plus sous nos pieds, car sa
caverne repose à présent sur quelque
autre fragment dAerynth, perdu dans le Vide.
Le Dragon restera endormi, et notre destin inachevé,
jusquà ce que nous parvenions à
découvrir un chemin vers lantre de
la Terreur. Le Soleil, dit-il, sest assombri
parce que Khalikryst a abandonné son palais,
et ny retournera pas tant que les Irekei nauront
pas prouvé leur valeur. Ce nouvel age, le
Temps des Conflits, ne fut prédit dans aucune
prophétie, et les anciens écrits des
Premiers Prophètes ne sont guère utiles
en ces temps troublés. Certains puissants
guerriers ont quitté les Terres Brûlantes,
menant des clans entiers en Khanjallakar contre
les Saigne-Pluie, alors que dautres ont utilisé
les Portails Runiques, entamant la Quête du
Dragon. Dautres Seigneurs de Sang voient la
tromperie derrière ces contes barbares, et
sentêtent dans les voies anciennes.
La Guerre de Sang entre les Viraktal sest
répandue telle la peste, et notre peuple
pille et attaque les Terres Vertes comme jamais
auparavant.
Combattras-tu au sein de la Sainte Guerre de Sang
contre les Odieux et les firkhanim? Entreprendras-tu
la quête de notre Mère et de notre
Père, et uvreras pour lévénement
final? Ou suivras-tu les voies anciennes de la tradition,
embrasant ta kharika au cours des combats,
des épreuves et de la gloire? Tu dois en
décider, Petit, mais dabord tu dois
éveiller le feu ancien qui repose dans ton
sang, et survivre à lEpreuve. Regarde
dans les flammes, et au de-là du danger des
épées. Regardes-les comme Darivastor
a regardé le Dragon, et comme Preklabhar
a regardé la Guerre des Flammes. Tu trouveras
la force en ton for intérieur, et tu endureras.
Ou tu mourras. Il nest pour nous nulle autre
voie.
Puisse le Dragon te montrer la voie!
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