"Son vrai nom, personne ne le saura jamais.
LErrant, on lappelle, Lui, dont le chemin
partit
Du plus haut plan, où Il naquit,
A notre Monde, brisé et abandonné.
Un jeune Dieu, et sincère, puissant était
Son bras
Et perçant était son regard. Un charme
si rayonnant
Emplissait Sa voix, quaucun noserait
Lui refuser Son souhait. Noirs étaient ses cheveux.
Pourquoi quitta-t-Il le paradis ? Nul ne sait,
De ceux qui sont nés en ce Monde, loin
De cette sphère originelle où Il fut élevé.
Mais partir Il fit, celui dont le nom est loué.
Dautres le suivirent, compagnons sincères.
Kenaryn, armé dun arc en bois dif
Et Thurin le forgeron, avec sa hache.
Ces trois-là, et dautres, tournèrent
le dos
A leur Paradis et partirent, descendant
Dans les espaces limités et cependant sans fin.
Là, longtemps, lErrant et sa troupe
Marchèrent, sur une plaine informe, et vide,
Où la Loi et le Chaos, les Ténèbres
et la Lumière
Se mêlaient sous une Nuit éternelle.
Une chose brisait la plaine infinie,
Une Orbe débène, lisse et claire.
LErrant sapprocha pour voir à lintérieur
Mais soudain, le vacarme discordant
De la voix de Démons ébranla lair,
Et le Prince Kolaur se tenait là.
"Qui pénètre non invité
en mon royaume?"
Siffla le démon, qui revêtit son heaume
Du plus dur adamant. "Je ne voulais pas
Entrer sans permission," répondit lErrant.
"Je suis parti
Du Paradis, de ma propre volonté."
Alors tous les démons se moquèrent de
lui.
"Rentre chez toi, petit Dieu!"
Kolaur hurlait, ses yeux telles des flammes.
"Tes yeux hautains ne verront jamais
Quelles merveilles en cette orbe se cachent.
Et emmène avec toi ces trouble-fête
Quand tu partiras, sans regarder en arrière."
Pour lhonneur de lErrant, de la sorte
bafoué,
Une bataille secoua le Vide en dehors de
LUnivers que les mortels connaissent,
Car le Chaos releva une telle attaque.
Les légions démoniaques étaient
telles du sable
Et dans chaque poing griffu et déformé
Luisait une longue et maléfique épée,
Mais lErrant neut point peur.
Telles les vagues de locéan contre une
ligne
De piliers tirés du marbre le plus fin,
Les hordes du Chaos se fracassèrent, et fuirent
Quand la colère de lErrant ils subirent.
Et de même, chaque compagnon se battit
Et gaiement ils chantèrent, alors que tombaient
leurs ennemis.
La lance de Kolaur possédait une puissance
telle
Que sa pointe pouvait égaler la morsure dun
jeune Dieu.
Il trouva lErrant, en plein cur
De la bataille, frappa, et fit couler Son sang.
Le Façonneur resta au côté de
lErrant
Quand Callynthir, de lErrant, perça la
peau.
Le coup de Thurin du démon arracha la tête,
Et toutes ses légions, la fuite prirent.
Les flèches de Kenaryn, épaisses comme
des mouches,
Trouvèrent leur cur noir, et leurs yeux
creva.
Ainsi lErrant fut vainqueur,
Et, tirant lorbe, dedans regarda.
Trois Orbes de pierre et de glace y étaient,
Telles des Perles dans le noir le plus profond.
"Quel est cet endroit?" dit lErrant,
"Ce trophée,
Le Chaos entier le cachait des yeux du jeune Dieu?"
De Ses compagnons, personne ne pourrait dire
Les noms, ou quelles bêtes pouvaient vivre
Dans les profondeurs ou les hauteurs glacées
De ces mondes, enfermés dans lOrbe de
la Nuit.
Lun de ces mondes, tel un joyau, brillait puissamment,
Dans celui-là, pour régner, vint lErrant."
- Fragment de lancienne épopée
Elfique Tae ap Arpalonamil, «Les Lointaines
Errances de lIllustre Père», écrite
par un auteur inconnu du temps de lAge du Crépuscule.
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